vendredi 28 décembre 2018

2018, pfff...

En 2018, il s'est passé ça :

- personne ne respecte les prescriptions de l'accord de Paris, mais comme de toute façon les États-Unis en sont sortis l'an dernier...On verra si l'Affaire du siècle sera un sursaut efficace. Mais, si on était quelques milliers aux manifs pour le climat, ça n'a jamais été un raz de marée non plus. Donc on est prêts à signer une pétition, mais bouger vraiment...Pas sûr. Puis Hulot a démissionné, ce qui était la seule réaction qu'il pouvait avoir (voire, plus tôt aurait été compréhensible, mais il a dû y croire), et ça ne rend pas les choses plus faciles.
- Le Brésil a élu Bolsonaro, qui veut également sortir de l'accord de Paris, mais de toute façon qu'attendre de quelqu'un qui veut lutter contre le "socialisme scolaire" et la "sexualisation précoce" ?

- L'Italie a également élu un gouvernement d'extrême droite, que l'attitude de l'Europe a conforté dans sa place avec la non-gestion de l'arrivée des migrants (cf. plus bas).
- Le monde occidental a contribué à maintenir Bachar-el-Assad au pouvoir, dictateur sanguinaire désormais fantoche dans les luttes de pouvoir à l'œuvre dans cette région du monde. À côté de ça, la guerre au Yemen est une nouvelle horreur humanitaire causée par l'Arabie Saoudite avec les avions de guerre français (mais pas uniquement).

 - En France, le gouvernement a pris des mesures que le parti dont il est issu juge "trop intelligentes", histoire de bien montrer à quel point il respecte la plèbe, durant la crise des gilets jaunes. Une crise majeure, déclenchée par une mesure sur les carburants qui serait une excellent mesure, car allant dans le sens d'une réduction de l'utilisation des énergies fossiles, sauf qu'elle n'a pas été prise pour cette raison, et qu'elle n'a pas été socialement accompagnée. Donc, plein de gens se sont révoltés, spontanément, en colère, cette mesure étant la goutte d'eau qui a fait déborder le vase du ras-le-bol social. Malheureusement, dans ce "plein de gens", il y a un peu tout le monde, qui demande un peu tout et n'importe quoi, car les gilets jaunes sont un groupe bien hétérogène. Et malheureusement, en face, il y a cette hautaine technocratie pleine de contradictions...

- La France a fait preuve d'une incomparable lâcheté humanitaire en refusant d'accueillir, d'une manière générale les réfugiés issus de Syrie, et notamment l'Aquarius alors qu'il croisait au large des côtes françaises à la recherche d'un port d'attache. Je pense sincèrement que cela restera comme une tache sur l'honneur du pays des droits de l'Homme, et que de toute façon c'est un symptôme de la montée des nationalismes. Merkel a ouverts les frontières de l'Allemagne, c'était peut-être fait maladroitement, mais au moins elle a fait quelque chose.

Bien d'autres choses néfastes se sont passées dans ce monde en 2018, et j'ai assez peu d'espoir que mes enfants vivent dans un monde où la peur de l'autre n'aurait pas pris le pas sur les valeurs humanistes, et où on aura réussi à infléchir la courbe du réchauffement global. On essaiera, mais...

dimanche 24 juin 2018

Incendies, ça prend aux tripes, ça prend à la gorge

Long time no see...

J'étais en train de laisser petit à petit ce blog tomber dans les oubliettes poussiéreuses de mon esprit trop encombré, mais je reviens à l'instant d'assister à la pièce Incendies (de Wajdi Mouawad) présentée par Faces & Cie à Baud, association sur laquelle j'avais déjà fait un article .

J'y suis arrivé sans connaître la pièce, vierge de tout a priori sur le sujet et sur le texte...J'ai été très touché par cette pièce, au texte très fort sur un sujet lourd (sans qu'elle soit jamais citée, on devine que les personnages sont liés à la guerre civile au Liban), porté par une équipe formidable.

J'ai trouvé géniale la façon dont les scènes s'enchaînaient, avec fluidité (et parfois avec des astuces : la façon dont sont gérés les bébés tient de la magie), j'ai adoré le passé qui parle au présent, à la limite de la lumière sur la scène...Et la force de l'interprétation, où l'amour transparaît dans la détresse, le contraste des deux notaires, Antoine le passeur de silence qui écoute de la musique à fond, tous les autres... Tout cela, ça m'a porté sur l'ensemble de la pièce. La durée de la pièce est de 2h15, et je n'ai pas vu le temps passer : les acteurs nous accrochent et nous emmènent vivre avec eux cette histoire dramatique, si forte.



Allez voir cette troupe, allez voir ces gens porter les pièces qu'ils joueront plus tard... Ou celle-ci, s'ils arrivent à la jouer de nouveau (j'aimerais beaucoup !!!)

Moi, j'irai.

PS : à un moment, Nawal Marwan dit : "Il faut parfois du courage pour avaler sa salive". Eh bien il m'a fallu beaucoup de courage à pleins de moments de ce spectacle.
PPS : désolé, pas de photos...par respect pour les acteurs, et puis aussi impossible de détacher mon esprit de la scène pour faire ce geste devenu si simple de prendre mon téléphone.

mardi 2 mai 2017

De l'éloquence...

...qui me manque en ce moment pour écrire, alors juste un mot pour retranscrire ce que disait Raphaël Enthoven ce midi sur Inter :

" L'éloquence c'est les antipodes de la langue de bois, la langue de bois, c'est une langue qui claque des genoux, qui a peur, qui essaie de sauver sa peau en permanence, donc qui dit oui, qui dit non, qui ménage la chèvre et le chou, la figue et le raisin ; l'éloquence au contraire est une façon de donner aux idées qui nous traversent la force non pas de s'imposer aux autres, mais d'être proposées aux autres, sans haine, mais peut-être de les convaincre et de les emporter. Ceux qui parlent dans "A voix haute" ont quelque chose à dire, la langue de bois a quelque chose à taire."

samedi 14 janvier 2017

Le retour...

ça fait donc environ 2 mois 1/2 que je n'ai rien publié sur ce blog. Beaucoup de choses ont changé depuis mon dernier post, mais ce n'est pas l'objet de ce billet. Récemment, j'ai écrit ça :

Nos copains les smartphones

Le 27 septembre dernier est paru le rapport d'information coordonné par Mme Blandin, sénatrice, sur l'inventaire et le devenir des matériaux et composants des téléphones mobiles, rapport relayé par un article synthétique du Monde.
Le rapport pose dans son préambule les questions suivantes : "Que contient un téléphone portable ? Que deviennent le téléphone portable usagé, ses matériaux et composants ? "
 
source : http://techniekkwcollege.webnode.nl/huiswerk/techniek-presentatie/
et oui, c'est en néerlandais, que voulez-vous ? C'est la vie , ça m'a fait sourire
Le rapport apporte des réponses à ces questions. En réalité, ces réponses, on les connaît en grande partie déjà, en les empêchant avec soin de les laisser affleurer à la surface de nos pensées :
- une grande opacité recouvre la composition des téléphones portables, mais pour les fabriquer, on extrait des terres rares (donc non renouvelables), dont certaines proviennent de pays en situation de guerre, ou dont le droit du travail n'est pas respecté ;
- la fabrication est délibérément défavorable au réemploi des éléments / matériaux, le recyclage étant une gentille blague dans ce monde-là ;
- l'obsolescence programmée est la règle.
Est-il besoin de faire une synthèse ?
Le rapport émet des propositions : imposer une plus grande transparence sur la composition d'un téléphone portable, le potentiel de remplacement d'au moins certaines pièces (revenir sur les batteries intégrées), augmenter la durée de garantie légale, favoriser la reprise / le recyclage...

On peut aussi aller voir les alternatives de portables :
- le projet de téléphone modulaire de Google. Au passage, stratégie rigolote pour une boîte qui n'est pas la dernière à faire dans le jetable ;
- le mobile tout terrain, incassable, indestructible, vendu comme une alternative aux changements permanents de portables

Ou essayer de se désintoxiquer de ces objets, mais...C'est pas facile. L'addiction aux écrans (y compris pour moi qui écris cela et vous qui le lisez) est très difficile à contrecarrer. A tout possesseur de smartphone : êtes-vous capable de rester une journée sans le regarder (à moins qu'on vous appelle) ? Personnellement, je trouve ça très difficile : nous avons pris l'habitude de pouvoir échanger rapidement avec nos proches. Il faudrait pouvoir se déshabituer  ce besoin qui nous a été "créé" (sur le plan individuel et collectif, le fait d'être joignable sur portable est désormais un attendu de la société) : cette problématique n'existait pas il y a quelques années seulement.


Je n'apporte pas vraiment de solution à cette question (mais au moins je l'ai posée !), sans doute parce que je la cherche pour moi-même.  Et je ne désespère pas de trouve la solution !

dimanche 6 novembre 2016

Des ailes noires


 Wu, gurab, le corbeau

lundi 31 octobre 2016

Faces & Cie

Je suis allé hier faire un tour à Camors, où les gens de Faces & Cie étaient en représentation pour une suite de saynètes.

 

Ce fut varié, dans la nature des émotions et dans l'intensité ; ce fut un bon moment, un vrai ! Ils ont su nous faire naviguer entre des moment graves (la mère et ses trois filles, le père et son fils, l'ascenseur : le "je vous le donne" tue) et légers (papaman), souvent drôles et parfois plus nostalgiques (la p'tite Piette), toujours en variant l'intensité, la nature des émotions, toujours avec une accroche pour rester attentif, c'était top.

 

 

 

 

Merci à eux ! Merci à Mado, Johanne, Nordine, Cyril, Lindsey, Christophe, Juliette, Sylvie, Aurélie, merci à Audrey pour la mise en scène et à Tanguy pour la technique ! J'ai déjà eu l'occasion de le dire là, mais merci de faire vivre les arts vivants !





PS : et désolé de la qualité des photos ! La prochaine fois je viens avec mon reflex
PPS : désolé si je me suis gouré dans les noms, leur orthographe ou autre

dimanche 23 octobre 2016

Gally



Je découvre un article du Monde relatant la réédition de Gunnm, manga post-apo de la plus belle eau et dont j'étais fan à l'époque. Alors du coup, réagissant tel un bon chien de Pavlov à un stimulus infomationnel, je m'en vas vous en causer un peu, de Gunnm.
C'est l'histoire d'un monde détruit où une énorme décharge vit dans l'ombre d'une cité plus ou moins mythique (Zalem). Cette décharge est le creuset d'une société qui s'y est développée bon gré mal gré, et qui est le théâtre de l'histoire dont je ne vais brosser qu'à grands traits quelques lignes - je ne vais pas vous spoiler un truc aussi bon.
Or donc, Adoncques, ou Donc (Coudonc !), un médecin du nom de Ido, en goguette dans les monceaux de rebuts de la décharge, trouve les restes d'une androïde encore fonctionnelle, à qui il donne un nouveau corps et un nom : Gally.


Le personnage de Gally, comme tous ceux qui l'entourent (ou presque) est violent : re-née dans un monde de violence, on pourrait se dire qu'elle s'y adapte, mais en réalité cette violence fait partie de sa nature. Peut-on faire le bien sans être violent, dans un monde aussi dur ? Gally évolue dans un monde sans pitié, où la société dans laquelle vivent les personnages, et qu'ils construisent, est fragile et susceptible de se retourner contre n'importe qui. Le sport dans lequel s'évacue une partie de cette violence (le Rollerball) ne suffit pas, mais pas du tout, à la contenir - Panem et circense, oui mais après ?

J'ai aimé l'évolution de ce personnage et des relations qu'il entretiendra avec les autres, les conséquences qu'entraîneront ses actes, la réflexion sur la puissance, le graphisme (même s'il y a quelques caricatures par moments, un défaut mineur), la description d'un monde détruit ; j'ai aimé aussi le mouvement dans les dessins, la castagne de bourrin (c'est pas du Taniguchi, on reste dans le seinen) !
Même si je n'ai pas ouvert ces livres depuis bien bien long, je vous invite à lire Gunnm, à vous de vous faire votre propre idée !





dimanche 16 octobre 2016

Un paysage, un voyage

Vous êtes venu un soir, invité par un ami, à une soirée théâtrale dans une petite ville de la campagne bretonne. Le soleil se couche, et le crépuscule s'étend sur la place arborée et la scène qui accueillent l'évènement.
C'est une toile blanche, vaste, suspendue à un vieux mur. Au pied de cette toile, sur un plancher rudimentaire, attendent pots de peinture, pinceaux et un escabeau.
C'est un petit bout de femme, frêle, brune, aux cheveux enserrés dans un chiffon protecteur, qui s'avance. A grands traits, elle dessine les contours d'un paysage, tandis que résonnent les premières notes émises par la contrebasse et le sax planants qui vous accompagneront, vous le spectateur et eux les créateurs, dans ce voyage. Bientôt apparaissent des affleurements, une végétation, un chemin qui apportent la profondeur au paysage. Puis viennent les arbres, des chênes peut-être, grossiers dans un premier temps et affinés petit à petit jusqu'à paraître sortir du cadre.
 
Soudain, vous voyez la peintre saisir un seau et asperger son œuvre de jet d'un vert acide ; vous la pensez ruinée, un véritable gâchis alors que vous étiez pris dans l'acte de création. Mais, par touches, avec maîtrise, l'artiste intègre ces projections au tableau général : mousses, fougères apparaissent. Le rythme profond de la contrebasse répond aux notes longues du sax.
Bientôt, trop tôt, la musique s'éteint, la peintre pose ses pinceaux et les trois complices viennent saluer le public. Vous applaudissez, avec l'enthousiasme de ceux qui ont été transportés.

Un p'tit texte en hommage à l'asso Arrivée d'Arts Show qui organisait l'évènement et à tous ceux qui font vivre la culture et le spectacle vivant ! Il y avait aussi ce soir, entre autres, des phrases non terminées et une présentatrice nymphomane...C'était cool !


PS : merci C.C. !

mardi 4 octobre 2016

Un oeil

, l'oeil.

Il pleure, pourquoi ?

mercredi 28 septembre 2016

Guerre et Paix (mais pas en Russie)

...quoiqu'on pourrait en discuter aussi, et que ce n'est pas exclu que j'y vienne.

Quand une personne décide-t-elle des actes assez terribles pour être qualifiés de terroristes par le reste du monde ?

Il faut qu'il y ait une cause, une cause si forte qu'elle passe outre l'instinct basique de ne pas tuer un congénère...Bon, dépasser cet instinct a toujours été plutôt simple puisque ça a été fait d'innombrables fois dans le passé sans que ce soit qualifié de terroriste (sauf peut-être par la victime).

Il faut donc autre chose ; il faut que la cause en question soit (en cas de succès) imposée aux vaincus.
Alors, qu'est-ce qui fait la différence entre des mouvements révolutionnaire et terroriste ? La frontière entre ces deux conceptions est suffisamment floue pour que de nombreuses batailles rhétoriques aient eu lieu, par exemple pour Mandela. Alors, une révolution est elle un terrorisme parvenu à ses fins comme une religion est une secte qui a réussi ?
Quelqu'un qui agit contre un système, contre les lois, et avec violence, est-il toujours un terroriste ? Dans ce cas, la Révolution française est un épisode terroriste, et on est pourtant bien aise de sa survenue. Si elle existe, où se situe la différence ?

L'élément central qui donne son nom au terrorisme, c'est que les actions qui sont engagées utilisent l'impact psychologique des actions violentes pour imposer l'omniprésence de leur message. La violence porte son propre message et constitue un moyen de pression sur la société.
al-qaida, puis l'état islamique auto-proclamé (non, pas de majuscules, j'ai même supprimé celle du début de phrase) et leurs semblables, cherchent à affaiblir les résistances de l'état d'esprit démocratique. Ils le font en exerçant une pression pour imposer l'application de la charia (une loi islamique qu'un grand nombre de musulmans n'est pas prête à accepter), dans les pays du Maghreb d'une part (la Tunisie restant à ce jour le seul pays, durement touché, à fonctionnement démocratique dans cette région du monde), ainsi que dans les ménages musulmans des pays occidentaux. Pour ce faire, il leur est nécessaire d'avoir un système de propagande efficace, c'est-à-dire largement diffusé (quel bel outil qu'Internet ! le FN l'a lui aussi bien compris, d'ailleurs).
Leurs batailles se mènent désormais surtout sur le terrain idéologique, du discours et de la guerre psychologique (ouverte ou occulte) plutôt que sur le champ de bataille, leur ambition d'exister en tant qu'Etat indépendant semblant forfaite.


Je n'ai pas utilisé le terme de djihadiste jusqu'ici - à dessein. Il y a deux djihad : le grand (une élévation de l'âme) et un petit (qui recherche la conversion de l'autre par la force). Les textes de l'islam font incontestablement la part belle au grand Djihad. Aussi incroyant que je suis, je ne veux pas manquer de respect envers ceux qui croient ; je n'utilise donc pas le terme de Djihad à tort et à travers.

L'Occident a une part immense de responsabilité dans l'état actuel des choses, de par ses actions du passé et son actuelle inaction. J'en parlerai plus longuement une autre fois, mais la France dans laquelle je souhaite vivre, et dans laquelle je pensais vivre il y a encore pas si longtemps, je la pense à l'agonie : pays des Droits de l'Homme, mon fion, pas foutu d'accueillir plus de quelques milliers de réfugiés, et encore, en se battant pour savoir qui en aura le moins, tandis qu'on vend des rafales à l'Arabie Saoudite et les Mistral de Poutine à l'Egypte (histoire, sans doute, de ne pas mettre d'huile sur le feu dans cette région du monde).


Que faire lorsque deux visions irréconciliables se rencontrent ? Les gens qui suivent un islam modéré sont largement compatibles avec nos sociétés occidentales (sans pour autant que leurs ancêtres deviennent des Gaulois, pauv'con). Ceux dont l'objectif est la destruction des valeurs d'humanité dans lesquelles j'ai été élevé, indiscutablement, non.
Et donc pour lutter contre ça ? Il y a les balles bien sûr ; puisque c'est inévitable que la violence réponde à la violence quand on vous agresse ainsi. Mais les balles ne font pas tout, le combat se place aussi sur l'autre terrain : celui de ne pas se sentir empêché de vivre et d'avancer ; celui de se porter vers l'autre sans aller contre lui ; celui de ne pas accepter que les cultures arabes soient pris en otage par des fous. S'y intéresser, c'est déjà combattre un peu ; je m'y intéresse, même si je connais peu de choses - plein à découvrir ! Allez, hop, un serpent :




ça passe aussi par les nombreux artistes qui mêlent les cultures ; j'ai déjà eu l'occasion de parler d'Orange Blossom, mais il y a aussi des groupes anciens comme Taÿfa, ou des artistes plus récents comme Souad Massi, Yelli yelli, Lhasa de sela (RIP)...

Un mot, encore.

Hier mourait Shimon Peres, le dernier des trois nobélisés du processus de paix au Proche-Orient qui a abouti à l'accord d'Oslo, à ce jour la plus grande avancée dans le sens de la paix, qui s'est écroulée avec l'assassinat d'Yithzak Rabin. Il semble que, ni dans les pays arabes, ni en Israël, il n'y ait de dirigeant qui souhaite établir la paix dans cette partie du monde. Il a fallu la conjonction de ces trois hommes pour parvenir à cet accord. Quoi qu'ils aient pu faire par ailleurs, pour ce qu'ils ont fait à ce moment-là, à ces trois-là : Shalom, ²Salaam.






PS : J'imagine un terroriste expérimenté qui causerait à un jeunot d'la bombe : "Tu vois petit, les Occidentaux, ils ont un peu foiré leur coup ; d'un paternalisme triomphant, ils sont tombés dans un œcuménisme écœurant. De temps en temps, on voit qu'ils ont essayé de garder la domination sur leurs gonzesses, ils descendent dans la rue, tout ça...Mais globalement, ils se sont fait bouffer par leurs nanas. Vois donc : ils leurs donnent le droit de conduire et de voter, 'faut pas déconner quand même !

mardi 6 septembre 2016

En vrac

Juste un ch'tiot mot pour signaler deux points qui n'ont rien à voir :

- le débat sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur l'excellente émission La tête au carré d'hier ;

- une chanson qui, qu'on apprécie le style ou non (perso, musicalement, elle ne me touche pas trop), a le mérite de montrer qu'il existe des ponts entre arabes et israéliens (et ce, en dépit des menaces de mort reçues par Leonardo Tajabadi) :


- Oh, allez, un petit troisième point pour le plaisir ; j'aime bien Barré le bien nommé, maître de l'humour noir bien féroce :








samedi 27 août 2016

Combien de voiles ?

Le conseil d'Etat a donc statué sur l'illégalité des arrêtés municipaux interdisant le port des burkinis sur les plages des communes concernées. On imaginerait bien que cela constituerait un point final à la fois définitif et un peu plus digne que les échanges catastrophiques de ces dernières semaines sur ce sujet ; malheureusement, notre personnel politique n'ayant de ce qualificatif que le nom (ha ha), ce n'est pas gagné.

Le seul truc qui apparaît salutaire dans tout ça, c'est que quelques personnes de droite se sont quand même prononcées (avant que le Conseil d'Etat s'exprime) contre ces interdictions : il y a donc des gens logiques à droite.
Ce qui est fichtrement inquiétant, c'est que des personnes étiquetées "à gauche" se sont fourvoyées dans un discours quasi-sarkozyste sur le sujet : Manuel Va...Ah non, je parlais de gens de gauche. Non non, en fait, je n'ai pas entendu de gens de gauche s'exprimer de cette façon sur le sujet.

Les femmes voilées ont donc le droit de se baigner dans l'espace public en burkini, ce vêtement ne portant atteinte ni aux bonnes mœurs, ni à l'ordre public.

En fait, le burkini ne cachant pas le visage, il s'apparente plus à un voile simple qu'autre chose. Par conséquent, s'il y avait une question à se poser, je pense que ç'aurait plutôt été celle du voile islamique : dans notre société, accepte-t-on que quelqu'un porte le voile - ou non ?

J'ai fait un peu le tour des opinions sur le burkini autour de moi, mais, se rapportant plus à mon sens à la question du voile, je les mets ici. En gros, j'ai rencontré deux blocs d'opinions :
- on est dans une république laïque, alors aucun signe religieux ostentatoire (clochers d'églises compris) ne devrait être toléré dans l'espace public ;
- tout le monde devrait pouvoir s'habiller comme il le souhaite, y compris pour se baigner (mais dans certains discours, avec la nuance du "si ça permet à ces femmes de se baigner c'est bien, mais cependant, je suis opposé(e) au voile en soi")
Alors, qu'en penser ?

Bruno Nassim Aboudrar retrace dans un livre (que je n'ai pas lu) l'histoire du voile islamique. Il explique (par exemple ici, et ) que l'origine du voile n'est pas nécessairement musulmane mais qu'un vêtement, aussi bien porté par les femmes que les hommes, était occasionnellement rabattu sur la tête voire le visage. Quiconque a lu, par exemple, l'Iliade et l'Odyssée d'Homère se souviendra de nombreuses occasions où ce geste est décrit - il me vient en tête la supplication de Priam à Achille, mais il y en a sans doute bien d'autres).
Il rappelle également que le Coran n'évoque le voile que trois fois, en réalité : une fois pour protéger les femmes de Mahomet, une fois pour qu'elles abaissent un voile sur leur poitrine en présence d'un étranger, une fois comme le meilleur moyen de ne pas être offensée.
Sur ce dernier point, on peut éventuellement se dire que ça ressemble à un "si tu te balades en bikini, t'étonnes pas de te faire siffler / aggresser / violer, mais bon, outre que dans des sociétés hyperpatriarcales ce n'est pas vraiment surprenant, le fait important reste que l'islam ne fait pas de fixette sur le voile, à la base. Si on va voir un peu sur le net, on peut par exemple trouver une description assez précise de ce que peut être le voile, par les musulmans de l'Oumma : le mot "voile" recouvre plusieurs vocables arabes, qui décrivent parfois le vêtement, parfois désignent le concept d'occultation, de ce qui sépare la créature humaine de la révélation divine.
Il est également intéressant de voir que, je cite : "pour la non observation du port du voile, la Loi n’a pas prévu de sanction temporelle, car il s’agit là d’une question relevant de l’au-delà (contrairement au meurtre ou au vol)."
Il y a également ici une intéressante quoique difficile à suivre description de la perception du voile dans la vision soufie de l'islam.

De tout cela (et du reste), que retiré-je ?


- à la base, nous vivons dans un Etat de droit (enfin, il paraît, en tout cas), ayant adopté les déclaration universelle des Droits de l'Homme en 1948, dont les articles 18 et 19 sur la liberté de religion et la liberté d'expression. Donc tout le monde peut avoir une religion et l'exprimer ;
- nous vivons dans un pays laïque qui a édicté une loi sur la laïcité en 1905, qui interdit notamment d'apposer aucun signe religieux en quelque emplacement public que ce soit en-dehors de tout édifice servant au culte. Les dispositions légales récentes parlent de signe "ostentatoire", ce qui est suffisamment flou pour qu'on en fasse n'importe quoi. N'importe qui est donc en droit d'arborer des signes religieux dans la rue (sinon, on ne verrait plus de bonne sœur / moine bouddhiste / shaman animiste dans les rues. Non, on n'en voit pas beaucoup, mais il ne leur est pas interdit de circuler) ;
- même si, à l'origine, le voile n'est pas nécessairement une spécificité islamique, il est devenu, de fait, associé à cette religion (en tout cas en Occident) ;
- même si, dans les textes ou les interprétations citées, il n'y a pas d'obligation pour une femme de se voiler la tête, l'histoire récente nous enseigne qu'il y a (toujours)(souvent)(dans certains cas) - rayer la mention inutile - au minimum une pression sociale, voire une obligation sous peine de violence, de porter le voile, voire de "bien" le porter (je conseille à mes éventuels contradicteurs de lire/regarder Persépolis de Marjane Satrapi, entre autres) ;
- par définition, il m'est impossible de savoir si une femme voilée est contrainte de porter son voile ou si elle le fait par volonté personnelle, sauf à lui poser la question directement - je vois ça d'ici : il y a des femmes musulmanes non voilées, des femmes non musulmanes qui portent des foulards, des femmes musulmanes qui portent le voile par choix et d'autres - probablement - par obligation (voire les deux).

Et la conclusion, me direz-vous ?
Légalement, il n'y a actuellement aucune possibilité d'interdire le voile ni donc, le burkini. Humainement, en tout cas en Occident, des femmes portent le voile par choix. Il n'y a donc pas non plus de fondement pour l'interdire, au moins pour cette liberté-là (anticlérical speaking). Je ne vois donc que ce truc que les impatients détestent : le travail de longue haleine sur l'humain, qui doit permettre à tout le monde de pouvoir s'exprimer / se vêtir / se maquiller comme il le souhaite, ce qui ne sera véritablement en cours d'acquisition que lorsque, dans une famille musulmane, on acceptera que les filles ne se voilent pas si elles ne le veulent pas (et après, on s'occupera des fils de Sikh coiffeurs).
Mais malheureusement, je ne suis pas sûr qu'on en prenne le chemin : je ne peux pas m'empêcher, en croisant une femme voilée, de me demander si elle l'est par choix ou non. Le fait de se poser la question est, peut-être, une avancée par rapport à quelques dizaines d'années ; mais cela reste symptomatique du chemin qu'il reste à parcourir. La paix ne peut peut-être être atteinte qu'au bout d'un long chemin.

Salaamoun, la paix

Ah, et pour ceux qui voudraient se recaler sur les différents types de voiles : c'est ici (je conseille fortement ce dernier lien, très didactique)


samedi 13 août 2016

Lucarnes

Je suis une fenêtre,
Le monde à travers moi.
Le monde voit
Ce qu'on veut bien lui laisser voir.
Parfois on m'ouvre,
On accepte le monde intérieur.
C'est amical ; c'est courageux.
Je suis une fenêtre ;
On regarde négligemment à travers moi,
Je suis sale ; je suis trouble,
Un carreau obscurci.
Monde déformé,
Directions faussées, actes erronés.
Lavée, le monde :
Soleil, nuages et vent,
Pluie et brouillards,
La nuit,
Nets.