mardi 9 avril 2019

Coltan, la suite


Il y a un peu plus de deux ans, je parlais de notre addiction aux smartphones, en relayant le rapport Blandin. Ce rapport concerne notamment sur le coût humain et environnemental de ce phénomène (et de tout ce qui touche aux nouvelles technologies, d'ailleurs) et met l'accent sur l'omniprésente obsolescence programmée, règle tacite mais admise partout, et sur l'absence de filière de recyclage efficace.

Pour rappel, l'impact sur l'homme et l'environnement des smartphones et autres technologies connectées est décrit ici, et aussi .

Comme nous sommes déjà largement intoxiqués par les besoins créés par ces objets (photo, applis, etc.), il y a peut-être un compromis dans le Fairphone. En gros, c'est un smartphone modulaire, donc sur lequel on peut changer les pièces défaillantes, et dont la société qui les commercialise affiche une démarche plus éthique et plus durable que...les autres. Je ne sais pas quelle est la part de réalité là-dedans (voir ici par exemple), mais au moins il semble y avoir une réelle volonté de se démarquer sur ce terrain-là.
Il faut par contre accepter d'avoir une bête moins puissante que la moyenne des smartphones sur le marché, et qui semble limité par sa batterie, ce qui aiderait probablement plutôt à éviter de céder aux besoins créés par les autres firmes. M'enfin, ça c'est si on réussit à en trouver un, parce qu'apparemment ils sont en rupture de stock...

En définitive, la question qui est posée à la fin de l'article de Forbes cité plus haut est la seule qui soit réellement pertinente : avons-nous réellement besoin de ces objets ? Malheureusement, et, je pense, objectivement, il semble difficile de revenir sur une évolution technologique qui a infusé, partout dans le monde et à tous les niveaux des sociétés. Personnellement, je ne peux donner de leçon à personne : j'ai actuellement un smartphone et en ai eu plusieurs ; alors même que j'avais dit ne pas en reprendre, je n'ai pas pu résister à l'attrait de cette technologie.



dimanche 17 mars 2019

Marche du siècle (mais sans Cavada)

Hier, je suis allé à la manif pour le climat, on était environ 6000, c'était cool de voir autant de monde dans les rues, et que ça a été comme ça partout en France. 

 
Panoramique vite fait du rassemblement avant de marcher

C'est plutôt plus que ce à quoi je m'attendais, mais moins que ce que j'espérais : que ce soit 100 000 ou 350 000 personnes qui étaient descendues (et ça n'enlève rien à la force de la démarche individuelle de chacun d'entre nous manifestants), j'avais espéré qu'on se rapprocherait un peu plus de 2 millions de gens qui ont signé la pétition de l'Affaire du siècle. Évidemment, je n'imaginais pas que nous atteindrions ce chiffre...Bien sûr, il y a de bonnes raisons de ne pouvoir venir (activités des enfants le samedi après-midi...). Mais je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que signer la pétition et dire "c'est bon, j'ai agi" ne suffira pas.

Au passage, notre cortège a croisé une manifestation en faveur d'Abdullah Öcalan. Je ne connais pas ce fondateur du PKK, mais je comprends de ce que je lis ici ou qu'une solution pacifiste pour régler la question kurde pourrait passer par lui. Rien que pour ça, ça vaudrait le coup d'en parler. Et ces gens nous ont applaudi alors que nous passions, alors, aussi peu lu que je puisse être, je relaie leur message.

Edit : je ne suis pas surpris pas ceci, juste un peu plus déprimé...

dimanche 10 février 2019

Un tag de trop

Je relaie le post de Sfar sur sa page facebook parce qu'il transcrit une partie de ce que je pense sur les gilets jaunes, bien mieux que je ne pourrai l'écrire :

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2187886201277576&id=477945342271679&__tn__=K-R

Ce qui est triste dans cette histoire, c'est qu'il y a parmi les gilets jaunes des gens qui souffrent, qui sont dans le besoin et pour lesquels la démarche "gilets jaunes" est sincère et authentique. Comme d'hab, il y a des connards pour gâcher ce qui pourrait générer une vraie évolution sociétale.
Comme dit Sfar, ce qui est inquiétant, c'est que personne ne s'en émeuve, parmi les représentants des gilets jaunes, syndicats, grands partis politiques...Le gouvernement réprouve du bout des lèvres et hop, fini !
Pour cette raison, je n'ai jamais manifesté avec les gilets jaunes : parce que la révolte est maintenant largement associée à des mouvements avec lesquels je suis en contradiction directe.
Le malheur également c'est que parmi les gens d'extrême droite, il y en a qui souffrent et sont sincères dans leur manifestation d'exaspération. Et la réaction de Christiane Taubira me va bien à cet égard : probablement la gauche n'a-t-elle pas eu l'envergure idéologique concrète permettant d'éviter à des gens de se trouver dans le genre de situation qui rend l'extrême attirant.

vendredi 28 décembre 2018

2018, année funeste

Je n'ai pas envie de m'étendre sur les différentes calamités que, par lâcheté, manque d'action ou ignorance, nous avons laissé s'abattre sur notre monde (mais pour ceux que ce que je peux écrire là-dessus intéresse, c'est LÀ).

Je voulais juste rendre hommage, en premier lieu, à Ursula Le Guin, décédée en début d'année, et sur qui j'avais déjà écrit en 2015. Pour ceux qui ne connaissent pas, je conseille vraiment la lecture de Terremer, un livre parfait de délicatesse humaine, dépeinte au travers de l'usage subtil d'une magie par le personnage central de ce texte. Le reste de son œuvre est intéressant également, toujours empreint d'humanisme.

En second lieu, Isaho Takahata est également mort en 2018. Avec lui disparaît l'auteur (notamment) du Tombeau des Lucioles, que je crois inutile de présenter, et le cofondateur du studio Ghibli, le second étant bien sûr Hayao Miyazaki. De ce studio sont sorties des perles magnifique comme Princesse Mononoké, Porco Rosso, etc., mais également une adaptation libre de Terremer, Les Contes de Terremer - mon monde est petit. Takahata a également retranscrit le Conte de la princesse Kaguya en  dessin animé. C'est une perle, une animation qui prend le temps de la puissance (d'aucuns diraient qu'il a des longueurs, mais ce n'est pas mon avis), avec un trait plein de vie et des fulgurances magnifiques (la fuite de la princesse de la cérémonie d'entrée dans l'âge adulte), et une poésie qui infuse dans chaque image. Au cas où vous n'auriez pas compris, je conseille :-).





2018, pfff...

En 2018, il s'est passé ça :

- personne ne respecte les prescriptions de l'accord de Paris, mais comme de toute façon les États-Unis en sont sortis l'an dernier...On verra si l'Affaire du siècle sera un sursaut efficace. Mais, si on était quelques milliers aux manifs pour le climat, ça n'a jamais été un raz de marée non plus. Donc on est prêts à signer une pétition, mais bouger vraiment...Pas sûr. Puis Hulot a démissionné, ce qui était la seule réaction qu'il pouvait avoir (voire, plus tôt aurait été compréhensible, mais il a dû y croire), et ça ne rend pas les choses plus faciles.
- Le Brésil a élu Bolsonaro, qui veut également sortir de l'accord de Paris, mais de toute façon qu'attendre de quelqu'un qui veut lutter contre le "socialisme scolaire" et la "sexualisation précoce" ?

- L'Italie a également élu un gouvernement d'extrême droite, que l'attitude de l'Europe a conforté dans sa place avec la non-gestion de l'arrivée des migrants (cf. plus bas).
- Le monde occidental a contribué à maintenir Bachar-el-Assad au pouvoir, dictateur sanguinaire désormais fantoche dans les luttes de pouvoir à l'œuvre dans cette région du monde. À côté de ça, la guerre au Yemen est une nouvelle horreur humanitaire causée par l'Arabie Saoudite avec les avions de guerre français (mais pas uniquement).

 - En France, le gouvernement a pris des mesures que le parti dont il est issu juge "trop intelligentes", histoire de bien montrer à quel point il respecte la plèbe, durant la crise des gilets jaunes. Une crise majeure, déclenchée par une mesure sur les carburants qui serait une excellent mesure, car allant dans le sens d'une réduction de l'utilisation des énergies fossiles, sauf qu'elle n'a pas été prise pour cette raison, et qu'elle n'a pas été socialement accompagnée. Donc, plein de gens se sont révoltés, spontanément, en colère, cette mesure étant la goutte d'eau qui a fait déborder le vase du ras-le-bol social. Malheureusement, dans ce "plein de gens", il y a un peu tout le monde, qui demande un peu tout et n'importe quoi, car les gilets jaunes sont un groupe bien hétérogène. Et malheureusement, en face, il y a cette hautaine technocratie pleine de contradictions...

- La France a fait preuve d'une incomparable lâcheté humanitaire en refusant d'accueillir, d'une manière générale les réfugiés issus de Syrie, et notamment l'Aquarius alors qu'il croisait au large des côtes françaises à la recherche d'un port d'attache. Je pense sincèrement que cela restera comme une tache sur l'honneur du pays des droits de l'Homme, et que de toute façon c'est un symptôme de la montée des nationalismes. Merkel a ouverts les frontières de l'Allemagne, c'était peut-être fait maladroitement, mais au moins elle a fait quelque chose.

Bien d'autres choses néfastes se sont passées dans ce monde en 2018, et j'ai assez peu d'espoir que mes enfants vivent dans un monde où la peur de l'autre n'aurait pas pris le pas sur les valeurs humanistes, et où on aura réussi à infléchir la courbe du réchauffement global. On essaiera, mais...

dimanche 24 juin 2018

Incendies, ça prend aux tripes, ça prend à la gorge

Long time no see...

J'étais en train de laisser petit à petit ce blog tomber dans les oubliettes poussiéreuses de mon esprit trop encombré, mais je reviens à l'instant d'assister à la pièce Incendies (de Wajdi Mouawad) présentée par Faces & Cie à Baud, association sur laquelle j'avais déjà fait un article .

J'y suis arrivé sans connaître la pièce, vierge de tout a priori sur le sujet et sur le texte...J'ai été très touché par cette pièce, au texte très fort sur un sujet lourd (sans qu'elle soit jamais citée, on devine que les personnages sont liés à la guerre civile au Liban), porté par une équipe formidable.

J'ai trouvé géniale la façon dont les scènes s'enchaînaient, avec fluidité (et parfois avec des astuces : la façon dont sont gérés les bébés tient de la magie), j'ai adoré le passé qui parle au présent, à la limite de la lumière sur la scène...Et la force de l'interprétation, où l'amour transparaît dans la détresse, le contraste des deux notaires, Antoine le passeur de silence qui écoute de la musique à fond, tous les autres... Tout cela, ça m'a porté sur l'ensemble de la pièce. La durée de la pièce est de 2h15, et je n'ai pas vu le temps passer : les acteurs nous accrochent et nous emmènent vivre avec eux cette histoire dramatique, si forte.



Allez voir cette troupe, allez voir ces gens porter les pièces qu'ils joueront plus tard... Ou celle-ci, s'ils arrivent à la jouer de nouveau (j'aimerais beaucoup !!!)

Moi, j'irai.

PS : à un moment, Nawal Marwan dit : "Il faut parfois du courage pour avaler sa salive". Eh bien il m'a fallu beaucoup de courage à pleins de moments de ce spectacle.
PPS : désolé, pas de photos...par respect pour les acteurs, et puis aussi impossible de détacher mon esprit de la scène pour faire ce geste devenu si simple de prendre mon téléphone.

mardi 2 mai 2017

De l'éloquence...

...qui me manque en ce moment pour écrire, alors juste un mot pour retranscrire ce que disait Raphaël Enthoven ce midi sur Inter :

" L'éloquence c'est les antipodes de la langue de bois, la langue de bois, c'est une langue qui claque des genoux, qui a peur, qui essaie de sauver sa peau en permanence, donc qui dit oui, qui dit non, qui ménage la chèvre et le chou, la figue et le raisin ; l'éloquence au contraire est une façon de donner aux idées qui nous traversent la force non pas de s'imposer aux autres, mais d'être proposées aux autres, sans haine, mais peut-être de les convaincre et de les emporter. Ceux qui parlent dans "A voix haute" ont quelque chose à dire, la langue de bois a quelque chose à taire."

samedi 14 janvier 2017

Le retour...

ça fait donc environ 2 mois 1/2 que je n'ai rien publié sur ce blog. Beaucoup de choses ont changé depuis mon dernier post, mais ce n'est pas l'objet de ce billet. Récemment, j'ai écrit ça :

Nos copains les smartphones

Le 27 septembre dernier est paru le rapport d'information coordonné par Mme Blandin, sénatrice, sur l'inventaire et le devenir des matériaux et composants des téléphones mobiles, rapport relayé par un article synthétique du Monde.
Le rapport pose dans son préambule les questions suivantes : "Que contient un téléphone portable ? Que deviennent le téléphone portable usagé, ses matériaux et composants ? "
 
source : http://techniekkwcollege.webnode.nl/huiswerk/techniek-presentatie/
et oui, c'est en néerlandais, que voulez-vous ? C'est la vie , ça m'a fait sourire
Le rapport apporte des réponses à ces questions. En réalité, ces réponses, on les connaît en grande partie déjà, en les empêchant avec soin de les laisser affleurer à la surface de nos pensées :
- une grande opacité recouvre la composition des téléphones portables, mais pour les fabriquer, on extrait des terres rares (donc non renouvelables), dont certaines proviennent de pays en situation de guerre, ou dont le droit du travail n'est pas respecté ;
- la fabrication est délibérément défavorable au réemploi des éléments / matériaux, le recyclage étant une gentille blague dans ce monde-là ;
- l'obsolescence programmée est la règle.
Est-il besoin de faire une synthèse ?
Le rapport émet des propositions : imposer une plus grande transparence sur la composition d'un téléphone portable, le potentiel de remplacement d'au moins certaines pièces (revenir sur les batteries intégrées), augmenter la durée de garantie légale, favoriser la reprise / le recyclage...

On peut aussi aller voir les alternatives de portables :
- le projet de téléphone modulaire de Google. Au passage, stratégie rigolote pour une boîte qui n'est pas la dernière à faire dans le jetable ;
- le mobile tout terrain, incassable, indestructible, vendu comme une alternative aux changements permanents de portables

Ou essayer de se désintoxiquer de ces objets, mais...C'est pas facile. L'addiction aux écrans (y compris pour moi qui écris cela et vous qui le lisez) est très difficile à contrecarrer. A tout possesseur de smartphone : êtes-vous capable de rester une journée sans le regarder (à moins qu'on vous appelle) ? Personnellement, je trouve ça très difficile : nous avons pris l'habitude de pouvoir échanger rapidement avec nos proches. Il faudrait pouvoir se déshabituer  ce besoin qui nous a été "créé" (sur le plan individuel et collectif, le fait d'être joignable sur portable est désormais un attendu de la société) : cette problématique n'existait pas il y a quelques années seulement.


Je n'apporte pas vraiment de solution à cette question (mais au moins je l'ai posée !), sans doute parce que je la cherche pour moi-même.  Et je ne désespère pas de trouve la solution !

dimanche 6 novembre 2016

Des ailes noires


 Wu, gurab, le corbeau

lundi 31 octobre 2016

Faces & Cie

Je suis allé hier faire un tour à Camors, où les gens de Faces & Cie étaient en représentation pour une suite de saynètes.

 

Ce fut varié, dans la nature des émotions et dans l'intensité ; ce fut un bon moment, un vrai ! Ils ont su nous faire naviguer entre des moment graves (la mère et ses trois filles, le père et son fils, l'ascenseur : le "je vous le donne" tue) et légers (papaman), souvent drôles et parfois plus nostalgiques (la p'tite Piette), toujours en variant l'intensité, la nature des émotions, toujours avec une accroche pour rester attentif, c'était top.

 

 

 

 

Merci à eux ! Merci à Mado, Johanne, Nordine, Cyril, Lindsey, Christophe, Juliette, Sylvie, Aurélie, merci à Audrey pour la mise en scène et à Tanguy pour la technique ! J'ai déjà eu l'occasion de le dire là, mais merci de faire vivre les arts vivants !





PS : et désolé de la qualité des photos ! La prochaine fois je viens avec mon reflex
PPS : désolé si je me suis gouré dans les noms, leur orthographe ou autre

dimanche 23 octobre 2016

Gally



Je découvre un article du Monde relatant la réédition de Gunnm, manga post-apo de la plus belle eau et dont j'étais fan à l'époque. Alors du coup, réagissant tel un bon chien de Pavlov à un stimulus infomationnel, je m'en vas vous en causer un peu, de Gunnm.
C'est l'histoire d'un monde détruit où une énorme décharge vit dans l'ombre d'une cité plus ou moins mythique (Zalem). Cette décharge est le creuset d'une société qui s'y est développée bon gré mal gré, et qui est le théâtre de l'histoire dont je ne vais brosser qu'à grands traits quelques lignes - je ne vais pas vous spoiler un truc aussi bon.
Or donc, Adoncques, ou Donc (Coudonc !), un médecin du nom de Ido, en goguette dans les monceaux de rebuts de la décharge, trouve les restes d'une androïde encore fonctionnelle, à qui il donne un nouveau corps et un nom : Gally.


Le personnage de Gally, comme tous ceux qui l'entourent (ou presque) est violent : re-née dans un monde de violence, on pourrait se dire qu'elle s'y adapte, mais en réalité cette violence fait partie de sa nature. Peut-on faire le bien sans être violent, dans un monde aussi dur ? Gally évolue dans un monde sans pitié, où la société dans laquelle vivent les personnages, et qu'ils construisent, est fragile et susceptible de se retourner contre n'importe qui. Le sport dans lequel s'évacue une partie de cette violence (le Rollerball) ne suffit pas, mais pas du tout, à la contenir - Panem et circense, oui mais après ?

J'ai aimé l'évolution de ce personnage et des relations qu'il entretiendra avec les autres, les conséquences qu'entraîneront ses actes, la réflexion sur la puissance, le graphisme (même s'il y a quelques caricatures par moments, un défaut mineur), la description d'un monde détruit ; j'ai aimé aussi le mouvement dans les dessins, la castagne de bourrin (c'est pas du Taniguchi, on reste dans le seinen) !
Même si je n'ai pas ouvert ces livres depuis bien bien long, je vous invite à lire Gunnm, à vous de vous faire votre propre idée !





dimanche 16 octobre 2016

Un paysage, un voyage

Vous êtes venu un soir, invité par un ami, à une soirée théâtrale dans une petite ville de la campagne bretonne. Le soleil se couche, et le crépuscule s'étend sur la place arborée et la scène qui accueillent l'évènement.
C'est une toile blanche, vaste, suspendue à un vieux mur. Au pied de cette toile, sur un plancher rudimentaire, attendent pots de peinture, pinceaux et un escabeau.
C'est un petit bout de femme, frêle, brune, aux cheveux enserrés dans un chiffon protecteur, qui s'avance. A grands traits, elle dessine les contours d'un paysage, tandis que résonnent les premières notes émises par la contrebasse et le sax planants qui vous accompagneront, vous le spectateur et eux les créateurs, dans ce voyage. Bientôt apparaissent des affleurements, une végétation, un chemin qui apportent la profondeur au paysage. Puis viennent les arbres, des chênes peut-être, grossiers dans un premier temps et affinés petit à petit jusqu'à paraître sortir du cadre.
 
Soudain, vous voyez la peintre saisir un seau et asperger son œuvre de jet d'un vert acide ; vous la pensez ruinée, un véritable gâchis alors que vous étiez pris dans l'acte de création. Mais, par touches, avec maîtrise, l'artiste intègre ces projections au tableau général : mousses, fougères apparaissent. Le rythme profond de la contrebasse répond aux notes longues du sax.
Bientôt, trop tôt, la musique s'éteint, la peintre pose ses pinceaux et les trois complices viennent saluer le public. Vous applaudissez, avec l'enthousiasme de ceux qui ont été transportés.

Un p'tit texte en hommage à l'asso Arrivée d'Arts Show qui organisait l'évènement et à tous ceux qui font vivre la culture et le spectacle vivant ! Il y avait aussi ce soir, entre autres, des phrases non terminées et une présentatrice nymphomane...C'était cool !


PS : merci C.C. !

mardi 4 octobre 2016

Un oeil

, l'oeil.

Il pleure, pourquoi ?