mercredi 22 mai 2019

Le Yemen et les armes, honte de la France

Ça faisait un moment que ça me titillait, parce que je veux bien être pris pour une bille mais pas trop longtemps... Et puis le reportage de Disclose est paru, m'épargnant la nécessité d'écrire que vendre des tonnes d'armes à l'Arabie Saoudite, et se réfugier derrière une absence de preuve que ces armes sont utilisées dans le conflit contre les rebelles houthistes yéménites, c'est même plus de l'autruchage (1), c'est de la mauvaise foi poussée au rang d'art majeur. 
Et, quelques mois après, refaire le coup avec une absence de preuve que ces armes font des victimes civiles, je ne sais même plus comment appeler cela.

 La ministre des armées Florence Parly, ici le 8 avril 2019 aux Invalides, à Paris.
Je ne sais pas ce qu'il salue, le général derrière, mais ça n'a pas l'air de réjouir sa Ministre.
L'enterrement de sa conscience peut-être ? Rappelons qu'en octobre 2018, elle appelait à l'arrêt du conflit.


La France est le 3ème exportateur mondial d'armes et a, on le sait, conclu de très gros contrats de vente d'armes avec l'Arabie Saoudite, pays qui a massivement augmenté ses dépenses d'armement. Depuis assez longtemps maintenant, des critiques sont émises à l'égard de ces ventes d'armes. Ces critiques ne concernent pas uniquement l'hexagone (non non aujourd'hui, pas de majuscules), et malgré tout, seule l'Allemagne prend la décision qui s'impose : un moratoire sur les ventes d'armes à ce pays (une petite parenthèse ici : comme dans le cas de l'accueil des réfugiés issus du conflit syrien, Angela Merkel prend ici, seule en Europe et de plus en plus isolée dans son propre pays, la vraie décision humaniste, celle qui devrait s'imposer à tout décideur politique qui se réclame de ce type de valeurs. Cette dame, je ne suis pas un expert de politique, ni allemande, ni d'ailleurs, sa politique énergétique est incompatible avec quelque chose de durable, mais pour cet humanisme, avec lequel elle sauve une partie de l'honneur de l'Europe, elle a gagné mon respect).

Angela Merkel à Berlin le 21 octobre. 

La France, pays des droits humains, pays des Lumières, etc., 3ème exportateur mondial d'armes. Pourquoi ces mots, placés dans la même phrase, me posent-ils un problème ? En réalité pourquoi, placés dans des phrases différentes, ne nous posent-ils pas plus problème ? Sommes-nous si insidieusement nourris de données économiques négatives / stressantes que nous accueillons tout contrat comme une rentrée d'argent bienvenue dans les caisses de l'État ? Sommes-nous si matraqués de données que nous soyons devenus incapables d'indignation ? Je parle, bien sûr, en m'incluant dans le lot.






(1) - l'autruchage, fouir le sable de son grouin pour se couvrir les yeux, ce qui a pour corollaire d'exposer une certaine partie de son corps à un éventuel coup de pied

samedi 18 mai 2019

Christian Prigent : le monde est marrant

J'ai lu récemment ce petit livre, emprunté à ma bibliothèque municipale :

Je ne résiste pas à l'envie de reproduire ici le texte du quatrième de couv', histoire de poser le décor :
"Il ne s'agit pas d'un essai de plus (savamment pensif, forcément critique) sur la télévision. Plutôt de la confession d'un qui, presque chaque soir (aux heures les pires, celles dites "de grande écoute"), se vautre devant la boîte à vider les cerveaux. Allumer le récepteur, c'est ouvrir une encyclopédie des idées reçues, des idolâtries et des violences du siècle. Rien de plus navrant que la vie et le monde vus à la télé. Mais, à ce point de bêtise et de crudité, rien non plus de plus marrant. Suffit de recopier, en à peine accéléré, pour tout faire tourner en farce : JT saucissonnés, séries en solde, pubs bouffonnes, cérémonies météorologiques, sitcoms ménagers, feuilletons tiroir-caisse, docu-fictions en peau de lapin pour les presque nuls. Et hop, zapping, moteur, c'est guignol, c'est carnaval !"
Je ne connaissais pas du tout cet auteur costarmoricain, c'est donc pour moi une découverte que ce texte.
L'écriture, d'abord : il y a une volonté d'embarquer le lecteur dans le cerveau d'un téléspectateur en action de zappage. Aussi, les pensées s'enchaînent à grande vitesse, comme des flash, l'auteur visant à faire sauter au lecteur les étapes mentales entre le visionnage et le compte-rendu. L'écriture s'affranchit souvent de toute structure conventionnelle, et prend des raccourcis pour accélérer des associations d'idées qu'on imagine influencées par la succession des programmes visionnés : absence d'articles, ponctuation fluctuante permettant d'avoir des phrases occupant jusqu'à 15 lignes (un peu plus d'une centaine de mots au pif, les lignes sont courtes et j'ai eu la flemme de compter) et néanmoins parfaitement dynamiques.
Ce que je trouve également intéressant, c'est le positionnement que prend le narrateur, assumant parfaitement de se zombifier devant le petit écran en regardant des daubes (bon, le bouquin date de 2008 alors il y a des références datées, la preuve : même moi, je suis), et retranscrivant ce que ça lui inspire. Je ne suis pas forcément objectif, je n'ai pas la télé (même par internet) parce que peu de programmes m'intéressent (à part Cash Investigations), mais aussi - et c'est important - parce que je me sens parfaitement capable de tomber dans le piège de la lucarne et de glander devant des conneries.
Alors, je me dis qu'un qui a le courage de le faire, de l'écrire, et donc de m'épargner le risque de finir par suivre TPMP, ben...je suis content de n'être pas passé à côté.


 

mercredi 8 mai 2019

L'humain peut-il être le moteur de sa propre évolution ?

J'étais chez un médecin il y a peu, et la discussion a évolué vers le transhumanisme, et pour finir, j'ai posé la question : "L'humain peut-il être le moteur de sa propre évolution ?". J'en ai discuté depuis avec d'autres personnes, des amis.
L'évolution, telle que je la perçois, est le fait d'évènements où l'individu (ou le groupe d'individus, ou le génome, selon ce qu'on regardera) n'agira pas consciemment sur l'évolution elle-même dans le processus. Le processus évolutif agit sur une génération, ou plusieurs génération, et est est invisible de ceux dont elle est l'objet.

Le transhumanisme, tel qu'il est défini par Wikipédia, est "un mouvement culturel et intellectuel international, prônant l'usage des sciences et des techniques afin d'améliorer la condition humaine  notamment par l'augmentation des capacités physiques et mentales des êtres humains".
J'ai lu récemment un article sur le Huffington Post parlant de Neil Harbisson, qui m'a fait   m'interroger sur l'action que peut avoir l'être humain sur sa propre évolution, ce qui a fait écho à ma discussion avec mon médecin.
Neil Harbisson 

Je vois une différence notable entre le fait de pallier un manque fonctionnel chez un individu (action à but thérapeutique, que je comprends au titre de la solidarité envers son prochain et de l'égalité des chances), et le fait de chercher à améliorer les capacités de l'être humain en tant qu'espèce. Ce n'est pas la même chose que de vouloir permettre à quelqu'un de surmonter un  handicap, qui peut le gêner dans sa vie quotidienne ou l'empêcher d'accéder à certaines choses (emploi, activité, etc.) , et chercher l'amélioration des capacités humaines à l'aide d'éléments non vivants adjoints au corps biologique.
Mais alors, qui de l'ensemble des outils que nous utilisons, de la binette à l'avion, en passant par le lave-linge ou les médicaments ? N'augmentent-ils donc pas nos capacités ? N'influent-ils pas sur l'évolution de l'humanité en tant qu'espèce ?
Bien sûr ! Nous sommes des êtres pensants, capables depuis les origines de l'humanité de concevoir des dispositifs palliant des désavantages évolutifs (peu de défense physique sans arme, vitesse de course limitée, pas de cuir épais, etc.).
Cela a probablement été déterminant dans notre évolution, nous permettant d'accéder au statut d'espèce sentiente, par le biais d'une assurance raisonnable de survie (alimentation, sécurité physique, etc.). Nous avons donc conçu des outils et des démarches intellectuelles ; les autres espèces, plus préoccupées de survie immédiate, ont peu de temps et d'énergie à consacrer pour en créer. Il existe de nombreux exemples, d'utilisation d'outils par des animaux, dans plusieurs groupes (à ma connaissance : insectes, oiseaux, mammifères, il y en a sans doute d'autres), mais cela reste des comportements marginaux, , ou, pour certains singes, de technologie limitée, bien que potentiellement anciens (et donc, transmis) :

Alors quelle différence entre les outils (au sens large) et les dispositifsd permettan d'accroître les capacités d'un organisme humain ?
L'ensemble des outils que nous utilisons sont des outils externes, ne s'intégrant pas à notre corps,et ne s'intégrant pas continuellement à son fonctionnement, à l'exception bien sûr des prothèses que nous pouvons utiliser pour pallier un problème corporel et des médicaments, qui ont tous deux pour but de restaurer chez un individu malade / handicapé des capacités identiques à celles de ses semblables.

Il me semble que l'augmentation des capacités de notre corps par les moyens liés à la technologie fait franchir un palier, celui de l'intégrité corporelle : il me paraît difficile de permettre le choix d'utiliser, ou non, un outil intégré à notre corps, sauf à implanter un "interrupteur", (à défaut d'un autre mot), nécessairement contrôlé par le cerveau, et donc à lui connecté. Et l'intégration de programmes / algorithmes à nos processus nerveux ou à notre réflexion me pose un problème autrement plus grand que celui d'implanter un outil strictement physique, de par l'altération possible des processus mentaux qui s'ensuivrait.
On choisit quand on utilise tel ou tel outil. Aussi addictif soit-il, un smartphone reste un outil externe. Après, il n'est pas exclu qu'il constitue le premier pas vers le transhumanisme.

Le transhumanisme me pose un problème : perso, quand je regarde cette page et cet article, moi, ça me fout les glandes. Ça me fait peur, parce que tout dans ce site vise à inspirer la crainte de ne pas suivre le mouvement du transhumanisme, tout en faisant miroiter des miracles (cette bonne vieille technique de la carotte et du bâton). Ces pages visent à engendrer un "rêve de puissance", tout en créant la paranoïa de "ne pas en être".
Je vous invite à lire la définition de Nick Bostrom et la profession de foi qui suit : moi, quand on me parle de modifier la personnalité, ça me glace, et je ne parle même pas de la possibilité de s'enregistrer pour migrer vers un monde digital. Je conseille aussi de regarder la référence au principe de l'anthropie qui est utilisée dans cette profession de foi auquel ce texte se réfère, histoire de (ça vaut son pesant de cacahuètes, surtout à partir du deuxième paragraphe  après la question sur la localisation du point d'impact de la météorite qui a coûté la domination de la planète aux dinosaures). Malheureusement, quand je tape le terme de transhumanisme sur un moteur de recherche, ce site arrive en seconde position dans la liste des sites proposés, juste après Wikipédia. Heureusement,  le site histophilo arrive ensuite pour présenter une vision plus historique des choses. 
Il est plus que probable que bien des gens ne soient pas d'accord avec moi. Rechercher l'amélioration de l'humain, n'est-ce pas un progrès ? N'est-il pas réactionnaire de refuser ce progrès possible, alors que tant d'avant-gardistes ont été considérés dans l'histoire comme fous, voire dangereux ?
Mais je n'arrive pas à me détacher de ce sentiment que l'intégrité d'un corps est une des garanties du bon fonctionnement de son esprit, ce bon vieux Mens sana in corpore sano.

Peut-être, dans un avenir pas si lointain, assisterons-nous à une confrontation d'idées entre personnes "augmentées" et personnes "non augmentées". Peut-être également, comme dans tant d'autres domaines, cette modification sera-t-elle un facteur de distinction de niveau de vie, les riches pouvant arborer leurs "augmentations", alors que le désir de la plèbe attisé par des pubs rendra le peuple dépe,ndant à l'idée d'un rêve qu'ils n'auront aucune chance d'atteindre. Nous nours rapprocherions alors de certaines visions considérées aujourd'hui comme relevant de la fiction, du Meilleur des Mondes à Bienvenue à Gattaca.
D'autres visions de fiction parlent de contrôle de gens ou de leur personnalité par des machines, ou par d'autres humains. Ces visions s'accompliront-elles un jour. Si ce jour devait survenir, je ne souhaite à personne d'être en mesure d'en témoigner.


 

mardi 9 avril 2019

Coltan, la suite


Il y a un peu plus de deux ans, je parlais de notre addiction aux smartphones, en relayant le rapport Blandin. Ce rapport concerne notamment sur le coût humain et environnemental de ce phénomène (et de tout ce qui touche aux nouvelles technologies, d'ailleurs) et met l'accent sur l'omniprésente obsolescence programmée, règle tacite mais admise partout, et sur l'absence de filière de recyclage efficace.

Pour rappel, l'impact sur l'homme et l'environnement des smartphones et autres technologies connectées est décrit ici, et aussi .

Comme nous sommes déjà largement intoxiqués par les besoins créés par ces objets (photo, applis, etc.), il y a peut-être un compromis dans le Fairphone. En gros, c'est un smartphone modulaire, donc sur lequel on peut changer les pièces défaillantes, et dont la société qui les commercialise affiche une démarche plus éthique et plus durable que...les autres. Je ne sais pas quelle est la part de réalité là-dedans (voir ici par exemple), mais au moins il semble y avoir une réelle volonté de se démarquer sur ce terrain-là.
Il faut par contre accepter d'avoir une bête moins puissante que la moyenne des smartphones sur le marché, et qui semble limité par sa batterie, ce qui aiderait probablement plutôt à éviter de céder aux besoins créés par les autres firmes. M'enfin, ça c'est si on réussit à en trouver un, parce qu'apparemment ils sont en rupture de stock...

En définitive, la question qui est posée à la fin de l'article de Forbes cité plus haut est la seule qui soit réellement pertinente : avons-nous réellement besoin de ces objets ? Malheureusement, et, je pense, objectivement, il semble difficile de revenir sur une évolution technologique qui a infusé, partout dans le monde et à tous les niveaux des sociétés. Personnellement, je ne peux donner de leçon à personne : j'ai actuellement un smartphone et en ai eu plusieurs ; alors même que j'avais dit ne pas en reprendre, je n'ai pas pu résister à l'attrait de cette technologie.



dimanche 17 mars 2019

Marche du siècle (mais sans Cavada)

Hier, je suis allé à la manif pour le climat, on était environ 6000, c'était cool de voir autant de monde dans les rues, et que ça a été comme ça partout en France. 

 
Panoramique vite fait du rassemblement avant de marcher

C'est plutôt plus que ce à quoi je m'attendais, mais moins que ce que j'espérais : que ce soit 100 000 ou 350 000 personnes qui étaient descendues (et ça n'enlève rien à la force de la démarche individuelle de chacun d'entre nous manifestants), j'avais espéré qu'on se rapprocherait un peu plus de 2 millions de gens qui ont signé la pétition de l'Affaire du siècle. Évidemment, je n'imaginais pas que nous atteindrions ce chiffre...Bien sûr, il y a de bonnes raisons de ne pouvoir venir (activités des enfants le samedi après-midi...). Mais je n'ai pas pu m'empêcher de me dire que signer la pétition et dire "c'est bon, j'ai agi" ne suffira pas.

Au passage, notre cortège a croisé une manifestation en faveur d'Abdullah Öcalan. Je ne connais pas ce fondateur du PKK, mais je comprends de ce que je lis ici ou qu'une solution pacifiste pour régler la question kurde pourrait passer par lui. Rien que pour ça, ça vaudrait le coup d'en parler. Et ces gens nous ont applaudi alors que nous passions, alors, aussi peu lu que je puisse être, je relaie leur message.

Edit : je ne suis pas surpris pas ceci, juste un peu plus déprimé...

dimanche 10 février 2019

Un tag de trop

Je relaie le post de Sfar sur sa page facebook parce qu'il transcrit une partie de ce que je pense sur les gilets jaunes, bien mieux que je ne pourrai l'écrire :

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2187886201277576&id=477945342271679&__tn__=K-R

Ce qui est triste dans cette histoire, c'est qu'il y a parmi les gilets jaunes des gens qui souffrent, qui sont dans le besoin et pour lesquels la démarche "gilets jaunes" est sincère et authentique. Comme d'hab, il y a des connards pour gâcher ce qui pourrait générer une vraie évolution sociétale.
Comme dit Sfar, ce qui est inquiétant, c'est que personne ne s'en émeuve, parmi les représentants des gilets jaunes, syndicats, grands partis politiques...Le gouvernement réprouve du bout des lèvres et hop, fini !
Pour cette raison, je n'ai jamais manifesté avec les gilets jaunes : parce que la révolte est maintenant largement associée à des mouvements avec lesquels je suis en contradiction directe.
Le malheur également c'est que parmi les gens d'extrême droite, il y en a qui souffrent et sont sincères dans leur manifestation d'exaspération. Et la réaction de Christiane Taubira me va bien à cet égard : probablement la gauche n'a-t-elle pas eu l'envergure idéologique concrète permettant d'éviter à des gens de se trouver dans le genre de situation qui rend l'extrême attirant.

vendredi 28 décembre 2018

2018, année funeste

Je n'ai pas envie de m'étendre sur les différentes calamités que, par lâcheté, manque d'action ou ignorance, nous avons laissé s'abattre sur notre monde (mais pour ceux que ce que je peux écrire là-dessus intéresse, c'est LÀ).

Je voulais juste rendre hommage, en premier lieu, à Ursula Le Guin, décédée en début d'année, et sur qui j'avais déjà écrit en 2015. Pour ceux qui ne connaissent pas, je conseille vraiment la lecture de Terremer, un livre parfait de délicatesse humaine, dépeinte au travers de l'usage subtil d'une magie par le personnage central de ce texte. Le reste de son œuvre est intéressant également, toujours empreint d'humanisme.

En second lieu, Isaho Takahata est également mort en 2018. Avec lui disparaît l'auteur (notamment) du Tombeau des Lucioles, que je crois inutile de présenter, et le cofondateur du studio Ghibli, le second étant bien sûr Hayao Miyazaki. De ce studio sont sorties des perles magnifique comme Princesse Mononoké, Porco Rosso, etc., mais également une adaptation libre de Terremer, Les Contes de Terremer - mon monde est petit. Takahata a également retranscrit le Conte de la princesse Kaguya en  dessin animé. C'est une perle, une animation qui prend le temps de la puissance (d'aucuns diraient qu'il a des longueurs, mais ce n'est pas mon avis), avec un trait plein de vie et des fulgurances magnifiques (la fuite de la princesse de la cérémonie d'entrée dans l'âge adulte), et une poésie qui infuse dans chaque image. Au cas où vous n'auriez pas compris, je conseille :-).





2018, pfff...

En 2018, il s'est passé ça :

- personne ne respecte les prescriptions de l'accord de Paris, mais comme de toute façon les États-Unis en sont sortis l'an dernier...On verra si l'Affaire du siècle sera un sursaut efficace. Mais, si on était quelques milliers aux manifs pour le climat, ça n'a jamais été un raz de marée non plus. Donc on est prêts à signer une pétition, mais bouger vraiment...Pas sûr. Puis Hulot a démissionné, ce qui était la seule réaction qu'il pouvait avoir (voire, plus tôt aurait été compréhensible, mais il a dû y croire), et ça ne rend pas les choses plus faciles.
- Le Brésil a élu Bolsonaro, qui veut également sortir de l'accord de Paris, mais de toute façon qu'attendre de quelqu'un qui veut lutter contre le "socialisme scolaire" et la "sexualisation précoce" ?

- L'Italie a également élu un gouvernement d'extrême droite, que l'attitude de l'Europe a conforté dans sa place avec la non-gestion de l'arrivée des migrants (cf. plus bas).
- Le monde occidental a contribué à maintenir Bachar-el-Assad au pouvoir, dictateur sanguinaire désormais fantoche dans les luttes de pouvoir à l'œuvre dans cette région du monde. À côté de ça, la guerre au Yemen est une nouvelle horreur humanitaire causée par l'Arabie Saoudite avec les avions de guerre français (mais pas uniquement).

 - En France, le gouvernement a pris des mesures que le parti dont il est issu juge "trop intelligentes", histoire de bien montrer à quel point il respecte la plèbe, durant la crise des gilets jaunes. Une crise majeure, déclenchée par une mesure sur les carburants qui serait une excellent mesure, car allant dans le sens d'une réduction de l'utilisation des énergies fossiles, sauf qu'elle n'a pas été prise pour cette raison, et qu'elle n'a pas été socialement accompagnée. Donc, plein de gens se sont révoltés, spontanément, en colère, cette mesure étant la goutte d'eau qui a fait déborder le vase du ras-le-bol social. Malheureusement, dans ce "plein de gens", il y a un peu tout le monde, qui demande un peu tout et n'importe quoi, car les gilets jaunes sont un groupe bien hétérogène. Et malheureusement, en face, il y a cette hautaine technocratie pleine de contradictions...

- La France a fait preuve d'une incomparable lâcheté humanitaire en refusant d'accueillir, d'une manière générale les réfugiés issus de Syrie, et notamment l'Aquarius alors qu'il croisait au large des côtes françaises à la recherche d'un port d'attache. Je pense sincèrement que cela restera comme une tache sur l'honneur du pays des droits de l'Homme, et que de toute façon c'est un symptôme de la montée des nationalismes. Merkel a ouverts les frontières de l'Allemagne, c'était peut-être fait maladroitement, mais au moins elle a fait quelque chose.

Bien d'autres choses néfastes se sont passées dans ce monde en 2018, et j'ai assez peu d'espoir que mes enfants vivent dans un monde où la peur de l'autre n'aurait pas pris le pas sur les valeurs humanistes, et où on aura réussi à infléchir la courbe du réchauffement global. On essaiera, mais...

dimanche 24 juin 2018

Incendies, ça prend aux tripes, ça prend à la gorge

Long time no see...

J'étais en train de laisser petit à petit ce blog tomber dans les oubliettes poussiéreuses de mon esprit trop encombré, mais je reviens à l'instant d'assister à la pièce Incendies (de Wajdi Mouawad) présentée par Faces & Cie à Baud, association sur laquelle j'avais déjà fait un article .

J'y suis arrivé sans connaître la pièce, vierge de tout a priori sur le sujet et sur le texte...J'ai été très touché par cette pièce, au texte très fort sur un sujet lourd (sans qu'elle soit jamais citée, on devine que les personnages sont liés à la guerre civile au Liban), porté par une équipe formidable.

J'ai trouvé géniale la façon dont les scènes s'enchaînaient, avec fluidité (et parfois avec des astuces : la façon dont sont gérés les bébés tient de la magie), j'ai adoré le passé qui parle au présent, à la limite de la lumière sur la scène...Et la force de l'interprétation, où l'amour transparaît dans la détresse, le contraste des deux notaires, Antoine le passeur de silence qui écoute de la musique à fond, tous les autres... Tout cela, ça m'a porté sur l'ensemble de la pièce. La durée de la pièce est de 2h15, et je n'ai pas vu le temps passer : les acteurs nous accrochent et nous emmènent vivre avec eux cette histoire dramatique, si forte.



Allez voir cette troupe, allez voir ces gens porter les pièces qu'ils joueront plus tard... Ou celle-ci, s'ils arrivent à la jouer de nouveau (j'aimerais beaucoup !!!)

Moi, j'irai.

PS : à un moment, Nawal Marwan dit : "Il faut parfois du courage pour avaler sa salive". Eh bien il m'a fallu beaucoup de courage à pleins de moments de ce spectacle.
PPS : désolé, pas de photos...par respect pour les acteurs, et puis aussi impossible de détacher mon esprit de la scène pour faire ce geste devenu si simple de prendre mon téléphone.

mardi 2 mai 2017

De l'éloquence...

...qui me manque en ce moment pour écrire, alors juste un mot pour retranscrire ce que disait Raphaël Enthoven ce midi sur Inter :

" L'éloquence c'est les antipodes de la langue de bois, la langue de bois, c'est une langue qui claque des genoux, qui a peur, qui essaie de sauver sa peau en permanence, donc qui dit oui, qui dit non, qui ménage la chèvre et le chou, la figue et le raisin ; l'éloquence au contraire est une façon de donner aux idées qui nous traversent la force non pas de s'imposer aux autres, mais d'être proposées aux autres, sans haine, mais peut-être de les convaincre et de les emporter. Ceux qui parlent dans "A voix haute" ont quelque chose à dire, la langue de bois a quelque chose à taire."

samedi 14 janvier 2017

Le retour...

ça fait donc environ 2 mois 1/2 que je n'ai rien publié sur ce blog. Beaucoup de choses ont changé depuis mon dernier post, mais ce n'est pas l'objet de ce billet. Récemment, j'ai écrit ça :

Nos copains les smartphones

Le 27 septembre dernier est paru le rapport d'information coordonné par Mme Blandin, sénatrice, sur l'inventaire et le devenir des matériaux et composants des téléphones mobiles, rapport relayé par un article synthétique du Monde.
Le rapport pose dans son préambule les questions suivantes : "Que contient un téléphone portable ? Que deviennent le téléphone portable usagé, ses matériaux et composants ? "
 
source : http://techniekkwcollege.webnode.nl/huiswerk/techniek-presentatie/
et oui, c'est en néerlandais, que voulez-vous ? C'est la vie , ça m'a fait sourire
Le rapport apporte des réponses à ces questions. En réalité, ces réponses, on les connaît en grande partie déjà, en les empêchant avec soin de les laisser affleurer à la surface de nos pensées :
- une grande opacité recouvre la composition des téléphones portables, mais pour les fabriquer, on extrait des terres rares (donc non renouvelables), dont certaines proviennent de pays en situation de guerre, ou dont le droit du travail n'est pas respecté ;
- la fabrication est délibérément défavorable au réemploi des éléments / matériaux, le recyclage étant une gentille blague dans ce monde-là ;
- l'obsolescence programmée est la règle.
Est-il besoin de faire une synthèse ?
Le rapport émet des propositions : imposer une plus grande transparence sur la composition d'un téléphone portable, le potentiel de remplacement d'au moins certaines pièces (revenir sur les batteries intégrées), augmenter la durée de garantie légale, favoriser la reprise / le recyclage...

On peut aussi aller voir les alternatives de portables :
- le projet de téléphone modulaire de Google. Au passage, stratégie rigolote pour une boîte qui n'est pas la dernière à faire dans le jetable ;
- le mobile tout terrain, incassable, indestructible, vendu comme une alternative aux changements permanents de portables

Ou essayer de se désintoxiquer de ces objets, mais...C'est pas facile. L'addiction aux écrans (y compris pour moi qui écris cela et vous qui le lisez) est très difficile à contrecarrer. A tout possesseur de smartphone : êtes-vous capable de rester une journée sans le regarder (à moins qu'on vous appelle) ? Personnellement, je trouve ça très difficile : nous avons pris l'habitude de pouvoir échanger rapidement avec nos proches. Il faudrait pouvoir se déshabituer  ce besoin qui nous a été "créé" (sur le plan individuel et collectif, le fait d'être joignable sur portable est désormais un attendu de la société) : cette problématique n'existait pas il y a quelques années seulement.


Je n'apporte pas vraiment de solution à cette question (mais au moins je l'ai posée !), sans doute parce que je la cherche pour moi-même.  Et je ne désespère pas de trouve la solution !

dimanche 6 novembre 2016

Des ailes noires


 Wu, gurab, le corbeau