jeudi 3 décembre 2020

Il est temps d'agir - Carola Rackete

 J'ai fini il y a peu de temps le livre Manière d'être de Baptiste Morizot (Delph, merci !!!), et il y a plein de choses à dire sur ce texte, ce que je vais faire dans peu de temps. Mais je viens de finir Il est temps d'agir et je me sens poussé à écrire sur ce texte par ce qu'il provoque chez moi.


Soyons clairs : Carola Rackete nous mets, nous, Occidentaux, le nez dans la merde, notre merde. Nous avons laissé faire, nous avons regardé entre nos doigts ces gens se noyer, et pire, nous avons empêché le Sea Watch 3 et consorts, émanations de la société civile, de faire ce que les pays européens défaillants refusaient de faire. Les dirigeants européens ont tué les gens qui se sont noyés en Méditerranée depuis qu'ils ont refusé de se mettre d'accord sur un accueil partagé des migrants. Si un accord avait été trouvé, l'Italie aurait pu accueillir les migrants et l'Europe les répartir entre les pays. Mais non. Rien ! Dublin 3 est passé par là, bouclier bien pratique pour les pays derrière lequel ils s'abritent, qui oblige les migrants à demander l'asile au premier pays où ils posent le pied. Aucun accord. Pire, les pays ont refusé que les navires de la société civile abordent dans leurs ports, refusé d'accorder pavillon à ces navires.

Carola Rackete décrit les conditions qui l'ont conduite à accoster de force à Lampedusa : le ferme refus de l'Italie, les atermoiements et arguties des pays européens pour savoir qui recevrait ces migrants, et son devoir de capitaine de garantir l'accès pour ses passagers recueillis en état de grande détresse (ben oui, 60 sur une barcasse sans moteur au milieu de la Méditerranée et, malheureusement, plus d'une fois autour d'une barcasse chavirée donc à deux doigts de se noyer) au premier port sûr. Il n'y a évidemment pas de port sûr en Lybie ou en Tunisie, ne reste que Lampedusa. Arrêtée et assignée à résidence en attente de son jugement, Carola Rackete rencontre une juge attentive, qui l'écoute avec sérieux. Et cette juge lui donne raison ! Victoire morale, victoire politique ; qui malheureusement ne changera pas le sort des migrants en général, mais victoire quand même.


Carola Rackete décrit également son parcours dans ce livre : son adolescence de geek de World of Warcraft, son parcours d'ingénieur maritime / capitaine, son engagement écologique. Elle fait le lien, très clairement, entre notre mode de vie, l'évolution du monde et le réchauffement global, et la realpolitik économiste libérale qui mène à refuser asile aux réfugiés de pays en guerre.  L'inhabilité des terres liées au réchauffement global, qui mènera à des déplacements de réfugiés climatiques. Les conditions de vie de ceux qui viendront après nous.

Je la cite (reproduisant une partie de ses textes, j'espère qu'elle ne m'en voudra pas) :

"L'avenir tel que nous le souhaitons, nous devons le vivre dès maintenant dans nos mouvements, qui doivent être inclusifs, démocratiques et antiracistes. La non-violence doit être le principe suprême. Cela exige discipline et organisation, mais c'est indispensable. Dès qu'un petit groupe utilise la violence et que le mouvement ne prend pas ses distances ou éclate en deux camps, les chances de réussir s'écroulent - comme dans le mouvement des Gilets jaunes en France."

"Allons donc perturber ces gouvernements dont le plus grand souci est de maintenir la croissance pour ne pas avoir à partager leur richesse ! Allons perturber les entreprises du secteur de l'énergie qui déboisent des forêts restées intactes et éventrent des terrains pour extraire un charbon que de toute manière nous n'avons plus le droit de brûler en raison du réchauffement ! Allons perturber l'industrie et les entreprises qui empêchent la sortie des énergies fossiles par un travail de lobbyisme et des études falsifiées, et qui pour faire des économies délocalisent leurs usines dans d'autres pays où leurs produits sont fabriqués pour des salaires de misère ! Car si nous laissons faire ces gens, nous tolérons que rien ne soit fait - ou pas assez - contre la crise climatique et l'effondrement des écosystèmes. Nous tolérons que les entreprises placent toujours le profit au-dessus du bien-être de la majorité. Et, plus concrètement encore, nous tolérons que des gens meurent noyés en Méditerranée ou soient exposés dans la rue à la violence d'extrême droite.

Soyons des perturbateurs, mais pour les bonnes raisons."

Cela fait tellement écho à ce que je disais en 2016, et ce livre témoigne que, collectivement, l'Europe a continué de sombrer moralement. Je ne comprendrai jamais ses choix politiques, mais Bernard Guetta avait parfaitement résumé mon sentiment à l'époque, et qui l'est encore maintenant.

Mais Carola Rackete nous pose, enfin, la question : maintenant que vous savez tout cela, qu'allez-vous faire ? Allez-vous agir ? ou rester dans votre vie aveugle au reste du monde ?

Tout geste est bon à prendre, que ce soit manger moins ou pas de viande, consommer moins et mieux, plus local, etc. même si bien sûr ce ne sera peut-être pas suffisant. Tout acte a déjà et aura toujours un impact, positif ou négatif, sur le climat et donc potentiellement sur les conditions de vie des gens qui habiteront dans des zones soumises aux aléas climatiques (je renvoie à Squarzoni). Car les actions que nous pourrons mener, planter des arbres, ou manger une entrecôte sudaméricaine par jour (n'oublions pas le MERCOSUR !), auront une incidence, positive ou négative, sur la vie de ceux qui nous suivront.

Nous n'en verrons peut-être pas effets - mais nous est-il possible de dire : "après moi, le déluge ?". Et, si nous étions des millions de colibris, peut-être, au-delà d'avoir la conscience claire de n'avoir pas laissé faire passivement, parviendrons-nous à limiter ce réchauffement global*.

 

* et c'est écrit en ayant conscience des progrès qu'il me reste personnellement à faire dans cette direction.

mardi 1 décembre 2020

Soyons Sylvêtres

Des êtres des bois, des troubadours follets mais troublants, une voix forte ...

Les Ogres ont les mots justes :

"Mais quelle année de merde !

On t'embrasse, Anne" 

vendredi 27 novembre 2020

Autoritarisme et indignation

Dans le contexte anxiogène dans lequel nous vivons, véhiculé par les autorités et largement relayé dans les médias, il est facile de succomber à la tentation complotiste ; quelque chose que j'essaie de ne pas faire. Et c'est difficile en ces temps où l'urgence sanitaire nous impose des restrictions de libertés.  Seulement...

...Seulement, il y a des signaux qui m'inquiètent :

- par un décret du 14 août 2020, tout une palanquée de compétences  de services déconcentrés de l'État, qui relevaient du premier ministre sont placés sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, via le préfet (merci Reporterre d'avoir attiré mon attention dessus) : "urbanisme, logement social, biodiversité, transition écologique, agriculture, éducation populaire, jeunesse et sport", oui oui, tous ces sujets traités par des services déconcentrés (administrations départementales...) sont désormais de la responsabilité du ministère de l'Intérieur, et plus du tout des ministères qui ont les compétences techniques pour traiter ces domaines. J'ai comme un doute sur l'intérêt que Darmanin porte au changement climatique, mais on peut y voir aussi une mise de tous ces domaines de compétences sous la tutelle du seul ministère qui régit l'ordre. Dès lors, comment ne pas avoir l'impression de humer de désagréables remugles d'autoritarisme?

- le très controversé article 24 de la loi sur la sécurité nationale a été voté à l'Assemblée vendredi soir, assorti de l'amendement que Darmanin, poussé par l'opposition et une partie de son propre camp, a dû y adjoindre. Malgré cette modification, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre cette loi. Et pour cause : le fond de la loi reste intact.

Note : j'ai commencé à écrire cet article le 21 novembre. L'article 24 a été voté le 20. Le 26, Castex annonce qu'une "commission indépendante chargée de proposer une nouvelle écriture de l’article 24" va être créée, provoquant l'ire des députés LREM, menés par le précédent ministre de l'Intérieur, castaner. Vers quelle nouvelle rédaction de ce texte allons-nous ? Suite au prochain épisode...

Pour replacer les choses dans leur contexte, la création de cette commission intervient à la suite de la levée de boucliers des ONG, et après la diffusion de cette vidéo de policiers tabassant un producteur de musique, apparemment sans aucune provocation, sous le prétexte d'un masque pas mis. En république, il n'est pas acceptable que des personnes détentrices de l'autorité publique ne soient pas exemplaires (oui, je sais, c'est une phrase qui peut faire rire jaune), et que ces personnes s'imaginent possible d'agir de la sorte en toute impunité, sous la protection de leur uniforme. Et pour cette vidéo largement diffusée, combien d'actes de ce genre ont été perpétrés, non détectés et donc impunis, car sans preuve ?

Malheureusement, il est probable que le gouvernement qui, en bon élève de Machiavel, se sert de la peur de l'autre, le différent, comme d'un aiguillon pour diriger le troupeau plébéien, ne reflète ici que la très forte émergence des pensées populistes dans le monde entier, et chez nous aussi.

Et je renvoie à cet article pour l'histoire des lois scélérates.

J'attends de voir ce que tout cela va donner. Peut-être les choses changeront-elles lorsque cet épisode "coronavirus" sera passé. Et si je ne suis pas tout à fait encore dans l'indignation (Re-note : en fait, après avoir visionné la vidéo, si, complètement, mais je laisse cette phrase car c'était mon état d'esprit du moment), car les circonstances sont si particulières, je serai vigilant à ce que la privation de liberté que nous subissons actuellement prenne fin. Et je renvoie aux mots de Stéphane Hessel :

"Le motif de base de la Résistance était l'indignation. Nous, vétérans des mouvements de résistance, et des forces combattantes de la France Libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l'héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie."

mardi 28 juillet 2020

Gisèle Halimi



Plaidoirie Gisèle Halimi procès de Bobigny (voir avec la cause des femmes)

Je ressens avec une plénitude jamais connue à ce jour un parfait accord entre mon métier qui est de plaider, qui est de défendre, et ma condition de femme. (…) Si notre très convenable déontologie prescrit aux avocats le recul nécessaire, la distance d’avec son client, sans doute n’a-t-elle pas envisagé que les avocates, comme toutes les femmes, étaient des avortées, qu’elles pouvaient le dire, et qu’elles pouvaient le dire publiquement comme je le fais moi-même aujourd’hui. (…)
Ce que j’essaie d’exprimer ici aujourd’hui, c’est que je m’identifie précisément et totalement avec MmeChevalier et avec ces trois femmes présentes à l’audience, avec ces femmes qui manifestent dans la rue, avec ces millions de femmes françaises et autres.
Elles sont ma famille. Elles sont mon combat. Elles sont ma pratique quotidienne. Et si je ne parle aujourd’hui, Messieurs, que de l’avortement et de la condition faite à la femme par une loi répressive, une loi d’un autre âge, c’est moins parce que le dossier nous y contraint que parce que cette loi à laquelle je dénie toute valeur, toute applicabilité, toute possibilité de recevoir aujourd’hui et demain le moindre sens, que parce que cette loi est la pierre de touche de l’oppression qui frappe la femme. (…) C’est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement, cette classe des sans argent et des sans relations qui est frappée. Voilà vingt ans que je plaide, Messieurs. (…) Je n’ai encore jamais plaidé pour la femme d’un haut commis de l’État, ou pour la femme d’un médecin célèbre, ou d’un grand avocat, ou d’un PDG de société, ou pour la maîtresse de ces mêmes messieurs. Cela s’est-il trouvé dans cette enceinte de justice ou ailleurs? Vous condamnez toujours les mêmes, les “Madame Chevalier” (…) Retournons aux sources.
Pour que MarieClaire, qui s’est trouvée enceinte à 16 ans, puisse être poursuivie pour délit d’avortement, il eut fallu prouver qu’elle avait tous les moyens de savoir comment ne pas être enceinte, et tous les moyens de prévoir. Ici Messieurs j’aborde le problème de l’éducation sexuelle. Vous avez entendu les réponses des témoins. Ce que je voudrais savoir, c’est combien de Marie-Claire en France ont appris qu’elles avaient un corps, comment il était fait, ses limites, ses possibilités, ses pièges, le plaisir qu’elles pouvaient en prendre et en donner? Combien? Très peu, j’en ai peur. (…)Je voudrais savoir combien de parents – et je parle des parents qui ont les moyens matériels et intellectuels de la faire – abordent tous les soirs autour de la soupe familiale l’éducation sexuelle de leurs enfants. Madame Chevalier, on vous l’a dit, n’avait pas de moyens matériels et elle n’avait pas elle même reçu d’éducation sexuelle. (…)
Pourquoi ne pratique-t-on pas l’éducation sexuelle dans les écoles puisqu’on ne veut pas d’avortement? Parce que nous restons fidèles à un tabou hérité de nos civilisations judéochrétiennes qui s’opposent à la dissociation de l’acte sexuel et de l’acte de procréation.
Ils sont pourtant deux choses différentes. Ils peuvent être tous les deux actes d’amour, mais le crime des pouvoirs publics et des adultes est d’empêcher les enfants de savoir qu’ils peuvent être dissociés. (…)
Deuxième responsabilité: l’Accusation. Peut-elle établir qu’il existe en France une contraception véritable, publique, populaire, gratuite? Je ne parle pas de la contraception gadget, de la contraception clandestine qui est la nôtre aujourd’hui. Je parle d’une véritable contraception. Or la contraception, à l’heure actuelle, c’est peut-être 6 ou 8 % des femmes qui l’utilisent. Dans les milieux populaires, c’est à peine 1 % des femmes. (…)
Dans la logique de la contraception est inscrit le droit à l’avortement. Supposez qu’on oublie sa pilule. On peut oublier sa pilule. Supposez l’erreur. L’erreur dans le choix du contraceptif, dans la pose du diaphragme. L’échec, l’erreur, l’oubli…
Voulez-vous contraindre les femmes à donner la vie par échec, par erreur, par oubli? Est-ce que le progrès de la science n’est pas de barrer la route à l’échec, à la fatalité? (…)
Supposez que Marie-Claire ait décidé d’avoir cet enfant. Pensez-vous véritablement qu’elle aurait pu le garder, l’éduquer décemment, le rendre heureux et continuer de s’épanouir elle-même? (…)
Dire que la loi, bonne ou mauvaise, est la loi, est un refus de prendre ses responsabilités, et aussi – je le dis très franchement – ce n’est pas digne de ce que doit être la magistrature. (…)
On vous dit que vous devez “dire le droit”. Mais “dire le droit” n’a jamais voulu dire devenir une justice robot et se désintéresser des grands problèmes de notre vie. (…) A-t-on encore le droit aujourd’hui en France, dans un pays que l’on dit civilisé, de condamner des femmes pour avoir disposé d’elles-mêmes ou pour avoir aidé l’une d’entre elles à disposer d’elle-même? (…) Ce jugement de relaxe sera irréversible, et à votre suite, le législateur s’en préoccupera.”
Extraits de la plaidoirie de Gisèle Halimi
lors du procès de Bobigny
"Avec l'aimable autorisation de Gisèle Halimi et de Choisir la cause des femmes

Voici une femme qui est décédée, mais qui n'est pas morte.

 

lundi 20 juillet 2020

Chloé & Vassilena Serafimova

Je suis totalement nul en musique électro ; je n'y connais rien,  ou si peu (à part Fakear, et encore...Corona ? Non, je blague) que c'est à peu près pareil. Mais je suis tombé totalement par hasard sur un truc que j'ai trouvé prenant, hypnotisant, génial :


Je ne connais aucune de ces deux artistes. Mais j'adore ce mélange entre deux savoir-faire, deux techniques différentes mais qui se rejoignent dans un monde qu'elles nous font partager. J'aime le contraste entre l'agitation organique de l'une et la concentration hiératique de l'autre ; j'aime le fait que les appuis de l'une changent au gré de l'intensité qu'elle met dans ses percus, et que les doigts seuls de l'autre créent un atmosphère lourde ou légère.
Et j'aime le fait qu'elle se rejoignent sur un même ensemble mélodique, une même montée en tension, une même œuvre. Ensemble, avec leurs différences, elles créent quelque chose, une mélodie, un même rythme.


vendredi 22 mai 2020

Et Mory Kante...



Putain, ce blog ressemble à une rubrique nécro...
Comme Asimbonanga, A vava Inouva et d'autres (pêle-mêle : Animals des Floyd, Le Forestier, Barbara, Brassens, Tombé du ciel, Tracy Chapman, etc. merci les parents), Yeke yeke fait partie de mon univers musical depuis que je me souviens en avoir un, d'univers musical.
Je ne connais que cette chanson de ce chanteur, mais ça fait partie des quelques chansons que je peux me mettre quand j'ai besoin de me mettre un coup de boost depuis toujours, de cassettes audio il y a bien bien long à clé USB maintenant.

lundi 18 mai 2020

Qui me dira la montagne, la mer, et l'aventure ?

J'ai fait il y a maintenant un certain temps deux calligraphies pour mes deux amies Céline et Christine, sur la base de textes qu'elles ont écrit. Comme je les leur ai désormais données (déconfinement oblige), je peux les montrer ici (désolé pour la qualité des photos, j'avais une mauvaise lumière) :

 
 
Qui me dira ?

Là, c'est une transcription en chinois de mots forts du texte qui avait été écrit :

Wen tì (la question)
Shān (la montagne)
Jì yù (le hasard / l'aventure)

Comme hier on s'est baladé à la mer et que c'était bien chouette, pour le souvenir d'un canon à la maison des douaniers :
J'assume totalement le côté carte postale basique de cette photo !

On un peu fait comme tout le monde, je pense qu'on avait tous besoin de ré-élargir nos horizons ce week-end après cette période de repli physique sur soi. En l'occurrence, Internet a eu du bon, car dans une certaine mesure le réseau a permis de conserver des liens non physiques (écrits, échanges vidéo, etc.) avec des personnes qu'il n'était plus possible de voir physiquement. Mais il paraît maintenant nécessaire de se décramponner de l'hypnotique écran pour revenir à la réalité tangible de l'extérieur.

Tant qu'à mettre des trucs faits à l'encre de Chine, j'en profite pour mettre aussi un essai de héron (plus ou moins imaginaire, hein), que j'aime bien :


Même si on voit les hésitations dans certains traits, je suis carrément fier d'avoir fait ces dessins / calligraphies !

dimanche 10 mai 2020

L'orage

Juste parce qu'un orage c'est trop beau, qu'en Bretagne ils sont rarement aussi intenses, et qu'on a passé une soirée cool hier à l'observer avec les enfants :







dimanche 3 mai 2020

Idir...

Idir est mort hier.

A vava inouva a accompagné ma vie d'aussi loin que je me souvienne. Un clic sur l'image vous amènera à la version de cette chanson que j'ai toujours connue :

https://www.youtube.com/watch?v=8qcSdqc7QYo

 Voici une autre chanson, Ssendu, dont je dois à un concert Tayfa de l'avoir découverte, dans mon adolescence :
 
https://www.youtube.com/watch?v=4rbSbWxDpbM
 
Au-delà de la madeleine de Proust, écho de la nostalgie qui m'accompagne souvent, Idir a toujours été un partisan du mélange de cultures, travaillant souvent, par exemple, avec des artistes celtiques. Je mets ci-dessous une version kabyle de Scarbourough fair, chantée avec sa fille :

https://www.youtube.com/watch?v=5POMNp8OVNQ


Et Isaltiyen avec Alan Stivell :

https://www.youtube.com/watch?v=a0sgDoObO3g

Et puis, pour faire écho à un précédent billet, un dialogue avec Johnny Clegg :
 
https://www.youtube.com/watch?v=ct7TGM99n3A

En visioconf s'il vous plaît

Hier, un ambassadeur de l'ouverture à l'autre s'en est allé.

 

mercredi 29 avril 2020

La fête des chouettes

Pour continuer de jouer avec les mots, j'ai pris 15 mots dans le Seigneur des Anneaux (François je ne te remercierai jamais de me l'avoir ramené d'Angleterre), et j'ai essayé de faire une acrostiche plus ou moins rimée d'au moins 8 lignes ; ça a donné ça :

Of owls’feast I will tell you here,
Walking under a full moon, there is no room
Left for worries, nor for fear.
Sending a hoot, they fly, as they for mice loom.
For they are night predators, with their beady eyes seeing
Everything, hearing all the little sounds of the undergrowth ;
And as they spot a prey, in a quick fall,
Suddenly on the unfortunate, be it mammal or moth,
They feast in advance on their next coming meal.


Mots : they, men, bodies, for, of, evidently, there, suddenly, send, your, it, and, walking, left, quick.

En discutant avec Christine de ce texte, je me suis rendu compte qu'en voulant m'extraire de l'univers de Tolkien, le sujet est devenu automatiquement lié à la nature. C'était totalement involontaire, d'autant que l'ensemble des mots tirés au sort est commun et n'est lié à aucun de ces deux thèmes. Du coup, j'ai pris la résolution d'essayer de sortir de ma zone de confort pour les prochains textes, à voir si j'arrive à m'y tenir !