lundi 23 février 2015

PJ & Björk

PJ Harvey et Björk ont en point commun d'être deux monuments féminins de la musique des années 1990-2000, chacune dans des styles différents. A juste titre : certains des disques qu'elles ont produit ont soit révolutionné leur genre, soit ont contribué de façon majeure à faire connaître le genre musical à laquelle elles appartenaient auprès du grand public. Et pour cause, elles partagent un autre point commun : elles ont été parmi les grandes créatrices de ces décennies (surtout la décennie 90).

 

Mais ce n'est pas pour ça que je leur consacre un billet commun. Comme je suis un être autocentré et profondément imbu de ma personne, je vous livre la raison pour laquelle j'aime énormément ce qu'elles ont fait (enfin, en partie au moins). Ce n'est pas compliqué, ça tient en une ligne : au-delà de la création, ce que m'ont fait ressentir ces artistes, c'est une féminité qui s'articule aussi, mais pas nécessairement, autour de la fragilité ou de la douceur. Explication (mais c'est très simple).

Jusqu'à écouter Homogenic, à peu près tous les titres chantés par des femmes que j'avais entendus jouaient essentiellement sur les voix claires, douces et/ou sensuelles des chanteuses. Pour une partie d'entre elles, les chansons et l'interprétation étaient très bonnes et je n'avais jamais eu jusqu'alors l'idée d'attendre autre chose d'une chanteuse (j'étais bien jeune).

En écoutant cet album de Björk, j'ai réellement découvert quelque chose : une forme de sauvagerie qui transparaissait, une force et une allégresse qui s'exprimaient par le biais de sons électroniques tellement maîtrisés que les platines devenaient un vrai instrument (à la différence du peu que j'avais pu entendre d'électro à cette date-là).

 

Dans l'étrangeté des sons et de la voix, dans ce que cet album recelait de différent dans ma discographie de l'époque, j'ai trouvé matière à ouverture.

To bring you my love, de PJ Harvey, c'est encore différent. Dans cet album à la tonalité sombre, il y a la force d'une femme, dont la voix par moment claire (C'mon Billy par exemple) est également capable de rauques (Meet ze Monsta) ou de sorties puissantes (Long Snake Moan). Cette impressionnante exploration d'une gamme vocale aussi étendue est le reflet de la diversité des émotions touchées dans cet album, et qui en fait sa richesse.

 

La plupart des autres albums, bien que toujours très bons, et agréables à écouter, ne me font pas le même effet (à part peut-être Uh uh her). Si certaines chansons des autres albums (plutôt les anciens) me font le même effet (Oh my lover), ce n'est pas le cas des albums dans leur intégralité, et j'aime moins les albums les plus récents (mais je reconnais à Let England Shake une perfection dans la forme qui en fait un super album, et White Chalk est un objet musical à part chez PJ).

Ce n'est pas pour rien que j'aime bien la reprise que les deux demoiselles ont faite de I can't get no satsfaction, juste pour le plaisir du duo de ces deux personnalités-là.
A cette époque, elles avaient été regroupées avec Tori Amos pour un entretien mythique, et elles se sont de nouveau retrouvées par la suite ; mais j'ai plus de mal avec Tori Amos.

http://www.yessaid.com/pic/1994-05_Q-5.jpg

C'est peut-être con et naïf à dire, mais ce que m'ont fait découvrir ces chanteuses, c'est qu'en un album, il est possible de faire ressentir une grande diversité d'émotions, et non de mettre en avant une unique facette attendue par les conventions "sociales" ou de marketing : c'est faisable de ne pas enfermer quelqu'un dans ce qui en est attendu. Pour sombres, ou étranges qu'ils soient, ces albums n'en sont pas moins source d'espoir en l'existence d'une créativité non formatée.

lundi 9 février 2015

Inconnu à cette adresse, Monsieur le Commandant

J'ai lu récemment Monsieur le Commandant, de Romain Slocombe.

P.J. Husson, antisémite convaincu et pétainiste engagé se découvre une passion pour Elise Berger, actrice  allemande dont il apprend rapidement qu'elle est juive dans des années où il ne fait pas bon devoir arborer une étoile jaune.

Au fur et à mesure de la lecture, je n'ai pu qu'être de plus en plus horrifié de ce que ce personnage égoïste, haineux, soupçonneux, atteint d'une tare humaine plus répandue que je ne le voudrais, celle de rechercher immédiatement quelqu'un pour porter le chapeau dès lors qu'un problème survient est capable de dire et de faire.
Mais ce qui rend le plus horrible ce bonhomme, c'est la part de courage et d'audace, mêlée à sa lâcheté par ailleurs générale, dont il fait par moments preuve : aux coups durs, il tente de répondre, dans les limites intellectuelles / sociales qui sont celles dans lesquelles il voit le monde. Ce sont ces limites étriquées, dépourvues d'humanité qui le font agir en monstre - et quel monstre. Il n'est pas possible d'en dire plus sans porter atteinte à la découverte du livre, mais je le vois comme porteur de ce message simple et pourtant si peu lisible : la force de caractère, l'esprit de décision, ne sont que des outils qui peuvent très bien être utilisées à mauvais escient entre les mains d'un esprit à oeillères. L'ouverture d'esprit, qui aurait dû permettre de combattre le nazisme si ce dernier n'avait été l'apothéose de siècles d'antisémitisme, est la seule arme contre cela. Outre cela, cet homme, dont les convictions étaient si terriblement enracinées en lui, perd ces repères par lesquels il se définissait...C'est aussi un roman sur la façon dont un esprit aussi éduqué que le sien peut réagir face à la perte de ces repères.
Et c'est très, très bien écrit.

Dans mon esprit, ce livre fait écho à Inconnu à cette adresse, de Kathrin Kressmann Taylor. Ce roman épistolaire court décrit les échanges entre Max, juif émigré aux Etats-Unis, et Martin, allemand de souche resté au pays, et qui géraient auparavant ensemble une galerie d'art.
Outre que ces deux oeuvres présentent des points communs de forme (des livres courts, bien écrits, qui interpellent le regard du lecteur sur le nazisme et les horreurs dont il fut à l'origine, et mettent en scène des lettrés pour mieux mettre en avant la déchéance intellectuelle que représente l'acceptation de ces "pensées"), ils interpellent tous deux sur les fanatismes, et la façon dont on regarde ceux qui en sont porteurs.


Ce sont, tous les deux, des œuvres que j'aime détester. En plus, en format poche, ces livres ne coûtent que quelques euros - ils ne seront pas dépensés en vain.

mercredi 4 février 2015

TAFTA, c'est pas du velours

Pour ceux qui sont motivés, le collectif StopTAFTA organise une action pour interpeller sur le partenariat transatlantique sur le commerce et l'investissement.

Pour rappel, ce traité de libre échange laisse imaginer des risques que l'opacité entourant son élaboration ne fait rien pour dissiper. Ces risques concernent des éléments importants du modèle social dans lequel nous vivons en France, et dont nous sommes (encore) largement bénéficiaires. Dans le projet d'accord Canada-UE (accord CETA), proche du TAFTA (à partir de maintenant, je mets entre guillemets et en bleu des citations trouvées sur le site de Nouvelle Donne), "seront attaquables les mesures « manifestement excessives », y compris celles prises dans le but de protéger des « objectifs publics légitimes tels que la santé, la sûreté et l'environnement », mais seulement dans des « circonstances exceptionnelles »". On est rassurés...

Outre les aspects sociaux liés au monde du travail, l'environnement paiera également un fort tribut au bien-être des über-marchands : par exemple, certains articles "prohibent l'introduction de restrictions liées à la volonté de réguler l'usage des terres, de protéger l'environnement ou de limiter la consommation de ressources naturelles, ou encore de limiter le nombre de licences ou d'autorisations dans le domaine des télécommunications en raison de contraintes physiques ou techniques". C'est-à-dire qu'à peu près tout le droit de l'environnement européen et français (des autres pays aussi, d'ailleurs). Réserve naturelle ? M'en fous, 'y a du pétrole dessous.


La voix off est chiante à mourir, mais une vidéo courte (4 min 18 s) explique assez bien certaines raisons pour lesquelles ce traité n'est pas désirable :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=-AXPpS5n_gE


D'autres sources intéressantes sur le projet :
- sur Médiapart
- sur la Quadrature du Net
- un inventaire à la Prévert intéressant sur le site du collectif StopTAFTA
- un article intéressant sur le site de l'Obs

PS : merci à Régis pour le tuyau !



mardi 3 février 2015

Orange Blossom




J'ai reçu pour Noël l'album Under the shades of violet de Orange Blossom, groupe d'origine nantaise peu prolifique, mais quelles pépites !

Cet album, riche, est porté par la voix chaude et profonde de Hend Elrawy, mise en valeur par un violon frénétique, et par un cortège de sons électro, percu et une basse tantôt discrète, tantôt très énergique.

L'alchimie est parfaite ! Méfiez-vous ! C'est un album envoûtant, capable de vous mener d'une ligne de chant quasi a capella à des arrangements bien énervés en un tournemain. Une source d'énergie, dont je ne me lasse pas !

La pochette du disque :

http://www.dailymotion.com/video/x28a74n_concert-d-orange-blossom-live-a-fip-du-16-octobre_music
Cliquer sur l'image vous amènera au concert du groupe sur FIP

vendredi 30 janvier 2015

Des portes...

Lui, c’est l’autre.

Je le vois qui s’approche, d’un air dégagé, prêt à engager conversation – il frappe à ma porte d’une formule polie, d’un sourire.

Que faire ? Resté-je fermé à toute communication, l’envoyé-je sur les roses, ou alors – risque suprême ! – je m’ouvre à lui, j’entrebâille ? Allons, laissons-nous tenter. Je lui laisse juste l’espace pour que sa conversation se glisse entre le battant et le chambranle.

Poliment, il s’engouffre dans la brèche ; ce faisant, il m’ouvre sa propre porte, et nous passons gaiement chacun la porte de l’autre. J’entre ainsi dans un espace où je vois les idées qu’il a soigneusement disposées à mon intention. Une à une, j’y place les miennes et, par endroits, je déplace les siennes pour caser les miennes, j’en mets même une à la poubelle, d’où il vient la retirer, mais où, après l’avoir reconsidérée attentivement (bien qu’avec a priori), je la replace presque immédiatement. Ou alors, je change tout dans la pièce, d’un air interrogatif ?

Les objidées que nous avons placés chacun dans cette pièce qui nous est désormais commune – bien que nous ne nous voyions pas - ont dessiné, par les vides qu’ils laissent et les relations qu’ils nouent, plusieurs nouvelles portes. Elles sont parfois bien évidentes, mais un coup d’œil dans l’embrasure d’une de ces portes entrouvertes suffit souvent à faire le tour de ce qu’elles recouvrent – en apparence du moins. Mais certaines sont bien dissimulées et ne paraissent pas au premier abord, que ce soit par volonté délibérée, ou bien par le hasard des choses.

Celles-là, il faut se donner la peine de les chercher pour pouvoir les franchir ; parfois, on nous aide en les mettant soudain en évidence.

Ces portes-là, franchies – on peut être déçu, bien sûr, mais parfois, quelles pépites ! Aussitôt franchies, elles mènent à des constructions ineffables et d’autres portes invraisemblables, qu’on traverse d’une fulgurance pour aboutir à un nouveau lieu, de nouvelles correspondances, des architectures folles d’idées ou de sensations qu’on associe, qu’on oublie parfois, mais qui parfois restent et qu’on grave en soi pour les réutiliser ensuite après d’autres portes.

Mais souvent, petit à petit, s’introduisent dans ces moments de partage des objets extérieurs et pragmatiques (une horloge qui tourne, un agenda qui s’ouvre) qui dessinent des portes menant inéluctablement à la sortie de ces endroits.

Alors, on ferme doucement les portes sur ces espaces, témoins de ces fragiles constructions communes qui pour la plupart s’effondreront sitôt le pêne dans la gâche, la dernière pièce voyant l’affluence des banalités habituelles de ce genre de circonstances, qui s’amoncellent au centre.

Puis, chacun prend la porte opposée à l’autre, la referme doucement et, finalement, lui tourne le dos.

Bois...

Il m'arrive souvent, lors de mes pérégrinations, de tomber sur un morceau de bois à la forme évocatrice, et je m'amuse à y trouver des personnages. Fantasmagoriques autant qu'illusoires, éphémères, ces figures transitoires sont liées à l'évolution d'un bois mort. Parfois, c'est l'action du bûcheron, parfois c'est un évènement naturel, ou simplement le temps qui a servi de révélateur,  comme les bains qu'on utilisait il y a encore peu de temps pour développer une photographie - ça a bien changé ! Alors, je vous invite à flâner dans cette aile de la galerie de mes rêveries, futiles et capillotractées (1) ; peut-être n'y verrez-vous rien, ou autre chose, ou la même chose que moi, qui sait ? Comme je veux vous laisser la liberté d'interpréter ces photos, ce que j'ai vu dans chacune est en bas de cette partie d'article, au numéro correspondant.

1. IMGP22347 2.IMGP0086_le_cri 3.IMGP0098_cochon
4.IMGP13517 5.IMGP3502 6.IMGP3795
7.IMGP14205 8.IMGP19011_triste IMGP19012_crâne
9.IMGP8000 IMGP8001
10. IMGP1614
Comme je suis une bille et que je n'ai pas réussi à créer de lien interne entre la photo et  le texte (je vais peut-être me faire un site perso, un jour lointain...) mais afin de vous éviter quand même de remonter jusqu'à la photo correspondante, j'ai remis des liens ci-dessous :
  1. Cette bille résulte de la coupe d'une vieille souche, qui a fendu sous l'action du gel, ou de l'eau ; elle m'évoque une face tranchée en deux de haut en bas : visage picassien, monstre à la bouche verticale, face blessée d'un coup vertical ? Je ne sais pas. Il y a une nouvelle de Stephen King (attention, le lien contient un spoiler) qui évoque la scissiparité, et ça m'y avait fait penser, sur le coup. En tout cas, cette vieille souche me paraissait terriblement parlante (même si je ne suis pas sûr de ce qu'elle dit !).
  2. Vous allez peut-être trouver cela complètement barré (mais j'assume), mais ce bout de bouleau mangé de moisissures, avec ses trois trous de pics figurant deux yeux et une bouche grande ouverte dans une face livide, m'a fait penser au Cri de Munch. C'est fou, hein ?
  3. J'ai trouvé dans ce morceau d'écorce décollée un groin pointant à droite, surmontant une bouche fendue, un petit oeil, et même le semblant d'une oreille...Tête de cochon ! (mais certains y voient plutôt un ours...A vous de voir)
  4. Ce début de loupe sur un tronc couché de vieux châtaignier creux devient la tête d'un monstre goulu s'extrayant de la matière brute du bois sec...Moqueur, avide, désespéré, ou souffrant, qu'y voyez-vous ?
  5. La coupe en section d'un jeune charme, qui révèle un visage regardant à gauche - qui m'a fait penser, sur le coup, à Croquignol.
  6. Une racine usée par le temps, mais qui avait amalgamé un caillou - comme cela arrive parfois - qui constitue l'oeil d'une tête rigolarde au long nez pointant vers la droite.
  7. Oui oui, un éléphant qui barrit, farpaitement.
  8. Ce sont deux faces d'un même piquet de clôture croisé au détour d'un chemin. De l'oeil triste du premier, irrité par une paille, semble couler une larme accompagnant une bouche aux coins affaissés accentuant une impression de tristesse un poil surjouée - on devine un pleurnichard prompt à se plaindre d'une paille qu'un voisin lui mettrait dans l'oeil sans voir la poutre qu'il lui inflige lui-même. Le second est nettement plus inquiétant : ce grand oeil cave, et cette petite narine, cette absence de bouche - à moins que ce ne soit la diagonale pas nette qu'on voit dessous, m'ont fait penser au crâne décharné d'un oiseau de malheur. Un poteau évocateur - mais inquiétant, donc. ç'aurait pu être un totem s'il n'avait eu pour mission de garder, noyé dans la masse de ses congénères, un troupeau de Prim'Holstein.
  9. Là encore, dans les deux extrémités de ce bout de bois flotté trouvé sur une plage j'ai trouvé deux tronches surmontées de coiffes et affublées de barbes, pourvues de becs, peut-être les dignitaires mélancoliques d'un royaume avien ? Ils avaient, en tout cas, voyagé sur l'onde noire de la mer vineuse.
  10. Dans ce morceau de bois verdi, j'ai vu la tête d'un dragon mort. On en voit le cou fort, et on devine, à droite, le pli d'une puissante épaule. Eût-il été plus grand,  j'aurais dit qu'une végétation malsaine s'était développée sur la chair du géant, l'incorporant au paysage au même titre que collines et montagnes - mais vu la taille, il doit s'agir d'un simple dragonnet.
Ces fantasmagories ne sont pas forcément très gaies, j'en ai peur ! Mais cela tient sans doute au fait qu'elles découlent de bois en cours de décomposition, d'aubier dégradé, de duramen usé. Pour compléter ce billet déjà un peu long, voici un texte court que j'avais écrit il y a quelques années pour un appel à texte - certains d'entre vous le reconnaîtront peut-être :

Bois

 Brut

J'examine le bloc, sec.  Du tilleul, un bois clair, qui n'a pas de sens : quel que soit le sens dans lequel on le travaille, il ne crée pas d'aspérité, il ne casse pas pour cause de tension exercée dans une mauvaise direction au mauvais endroit. C'est une loupe, une excroissance pleine de circonvolutions dues à la croissance contrariée du bois, et qui dessineront à la surface de...l'objet...des dessins fantasques, fugaces si ce terme peut être appliqué au mouvement figé dans la matière.  Il est écorcé, défait de l'aubier, j'y vais.

Entame

Quelle heure? Incongru. J'y suis, je sue, ma râpe entame la matière, l'apprivoise et s'en accommode, mais mes mains cherchent à m'échapper, je dois les contrôler constamment pour éviter le coup de trop qui ruinerait ce qui est en train d'apparaître. La sciure vole, capte la lumière de la fenêtre sale en draperies grises.  J'attaque avec rudesse, les dents d'acier usent le matériau tendre, je pose ma triangulaire pour prendre une demi-lune, je vais attaquer l'arrondi en creux, là, lové dans son coin.  Ça vient, je la tiens je la vois, je vois la forme s'extraire du duramen, une ébauche, une flammèche seulement pour l'instant, qu'il faut entretenir avec précaution pour qu'elle devienne brasier et enflamme l'imagination des autres comme elle le fait avec la mienne en cet instant de fièvre.

Façonne

Fini le travail de lime, la râpe danse sur le bois. On ne dégrossit plus, on affine, là, les courbes, là, l'angle, le méplat, la concavité légère, presque imperceptible qui donne son relief à l'ensemble. Je vole d'angle d'attaque en angle d'attaque, rapidement, avec délicatesse. Je suis fou, je travaille sans méthode sans réflexion, sinon je ne peux pas tenir mes mains, elles veulent faire des conneries, je le sens, mais elle est là, elle est là !  Elle m'échappe. Elle glisse, je commence à réfléchir, c'est foutu, je la perds, elle part, je la rattrape, elle glisse je l'agrippe du bout de l'esprit ! Transe.

Finit

Ha ! J'ai l'esprit clair comme la lumière des matins glacés d'hiver. Je suis sur le point de finir. Le temps a passé, je le sais, c'est pas grave, je m'en fous : elle est là, devant moi. J'ai le papier de verre sur sa cale, j'inspire, j'y vais je plonge.  Allez, ma belle, ce sont les derniers coups, le papier grossier, puis de plus en plus fin, j'approche du méplat imperceptible, je vois bien qu'il lui manque quelque chose à celui-là, j'y vais et je m'arrête. Je ne sais pas ce qu'il y a ! Quelque chose ne va pas, mais je ne sais pas quoi ! Mon esprit tourne dans le vide, je suis vide tout entier, plus rien, un mannequin au regard vacant. Mes yeux sont fixés sur la pièce de bois, mais je la vois à peine, une goutte de sueur coule sur mon front dans mes yeux ? Non, elle prend le chemin de mon nez, c'est con mais ça me relance, je sais de nouveau, je sais !  J'approche mes mains pour user juste le petit coup nécessaire, et j'hésite de nouveau, je sens mes mains partir en vrille, c'est pas bon, pas bon. Mes doigts hésitent, à un rien de la forme imparfaite, pour le coup la sueur m'inonde les paupières, je pose le papier, je le relève. Pas la bonne position, pas le bon endroit, pas le bon mouvement, j'inspire, je m'y remets. Là, je crois que j'y suis, je pousse en esprit avant de contraindre mes mains à produire le Geste, au dernier moment, je sens qu'elles décalent, mais c'est trop tard, c'est lancé, je n'ai plus qu'à les forcer, elles doivent m'obéir, bordel, c'est mes mains ! Les doigts se tordent vicieusement d'un rien qui suffirait à tout détruire, mais je ne les écoute pas et je frotte le bois sur un demi-centimètre, une fois, deux fois, trois fois, j'arrête mes mains avant qu'elles fassent le quatrième tour, elles protestent mais ce n'est plus qu'un baroud, j'ai gagné.  
Je me relève, je suis en sueur, je tremble, mais j'ai réussi, elle est devant moi, je la vois sur son socle. Et quand elle sera exposée à tous les regards, quelqu'un d'autre la verra-t-il ?

Et vous, le bois vous inspire-t-il des rêveries similaires ? Ou une autre matière ? Partagez-vous ma marotte follette de voir des visages et des figures, des motifs, là où, censément, il n'y en a pas ?

(1) : tiré par les cheveux, bien sûr

Note : Comme je n'arrive pas à importer mon blog précédent, je colle dessous les commentaires émis sur ce billet.  

entdaurog

Merci merci ! Cool de savoir que je ne suis pas seul au monde à voir le Cri là-dedans (j’avais un doute !) !
C’est excellent ce qu’il fait ce mec ! Oui, il triche un peu, mais le résultat est tellement bluffant ! Il a l’oeil, c’est clair. Merci beaucoup pour le lien, c’est une découverte pour moi !

 Kalys
Bravo pour ces superbes photos, et les textes qui les accompagnent qui le sont plus encore ! Je vois toujours beaucoup de choses dans les formes de la Nature, mais je serais bien incapable de les décrire si bien ! Mention spéciale au n°8. Quant au 2… Oui, je le vois aussi :)
Tiens, je te conseille d’aller voir ça : http://trees.viralnova.com/amazing-mirror-photographer/
C’est tricher, puisque le photographe utilise un miroir, mais… justement, avec seulement un miroir, c’est que le monsieur a l’œil, et je trouve le résultat très poétique.
Juste un mot pour dire que j'ai consacré une page à part à Charlie, ici...Histoire de ne pas oublier !
PS : et dire que la veille de l'attentat, il se passait ça...Au moins, ça donne un peu d'espoir dans la direction prise par les cultes...Et c'est bien la preuve que les musulmans sont une des premières victimes des intégristes...

 Note : Comme je n'arrive pas à importer mon blog précédent, je colle dessous les commentaires émis sur ce billet.

 
entdaurog

Ah oui en effet, je n’avais pas bien compris ! Dans la mesure où l’enseignement peut comporter une composante religieuse, effectivement, le privé peut éventuellement pallier les manques du public. Mais je reste persuadé cependant que l’enseignement devrait, autant que faire se peut, être un service public, gratuit et accessible à tous. Le corollaire est donc que l’histoire des religions devrait peut-être y être abordée autrement (voire tout court). En fait, c’est peut-être une philosophie de la laïcité qui devrait être enseignée / débattue à l’école…
Mais je suis d’accord avec le fait que, de toute façon, il existe des inégalités entre les établissements scolaires, qui sont liés à la fois aux gens qui s’y trouvent (dans tous les métiers il y a des motivés et des glandeurs) et au contexte social qu’on a créé autour ces 30-40 dernières années.

Kalys

Non non, comme je disais (mais j’ai très mal formulé) je le voyais plus comme une piste d’analyse : on a d’un côté des jeunes dans des lycées classés ZEP, à qui on répète qu’ils doivent rentrer dans le moule républicain, mais qui se sentent rejetés de par leurs origines et leur ghettoïsation, et de l’autre, des qui sont scolarisés dans un milieu où l’on enseigne les fondamentaux de leur foi et sont entourés de gens la partageant. On peut donc les imaginer plus « relax », moins susceptibles, parce qu’ils vivent leur religion plus sereinement.

entdaurog

Salut Kalys, je ne sais pas si on peut conclure ça à la lumière de ce seul reportage, mais en tout cas il montre bien que les musulmans ne sont pas responsables de ces attaques, mais bien une frange qu’ils rejettent. ça donne plutôt espoir !

Kalys

Une bien belle page. J’en profite pour linker ce reportage : http://www.francetvinfo.fr/economie/medias/charlie-hebdo/video-dans-un-college-prive-musulman-le-choc-est-immense_799423.htm
Cela semble prouver que seuls les gamins des lycées publics se sentent menacés dans leur foi et développent donc des réactions excessives. Une piste d’analyse ?

Charlie à Rennes

Le massacre de Charlie a suscité une impressionnante avalanche de réactions de par le monde entier (pas toujours intelligentes, mais passons) :

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Partout dans le monde, des gens se sont rassemblés pour manifester leur soutien aux survivants et leur horreur de ce qui s'est passé.
Au-delà de la représentation internationale, on pressentait que la mobilisation pourrait être importante en France : le nombre de gens qui sont descendus dans la rue est faramineux, plus de 4 millions selon le site du Monde, avec la présence de plus d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernements - du jamais vu. Il n'est pas interdit de rendre hommage aux gens qui n'ont pas dormi pendant trois jours pour organiser cela et que ça se passe sans heurts ni trop de problèmes de sécurité.
A Rennes, on était aux environs de 115 000 :

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Le cortège était très calme, les gens parlaient entre eux, d'inconnu à inconnu. A intervalles réguliers, des vagues d'applaudissements parcouraient l'ensemble du cortège, en un hommage digne, dépouillé de slogans et de mots d'ordre - qui n'auraient pu être que moins forts que cette manifestation sonore de ceux qui étaient là.

C'était impressionnant : dans le cortège, on entendait les applaudissement dans le lointain, qui venait jusqu'à vous, et le temps de battre des mains, la vague poursuivait sa course. La procession était si longue qu'on l'impression qu'elle disparaissait à l'infini.
Et tout ce mouvement humain s'est déroulé sans aucun heurt, sans qu'aucune violence soit perpétrée contre qui ou quoi que ce soit. C'était un hommage et une protestation tellement justes et humains que la force du moment vous prenait au tripes. Je ne sais pas si les arabes de Rennes étaient là - j'ai vu bien peu de maghrébins (oui, je sais, arabe et maghrébin, ce n'est pas forcément la même chose) dans le cortège - mais j'espère qu'ils ont compris qu'on leur disait aussi que le message n'était pas porté contre eux, mais contre le comportement de certaines personnes qui se réclament d'un islam qu'ils ont dénaturé ; moi, en tout cas, j'étais là aussi pour dire ça. Je ne me reconnais pas dans les cons qui dégradent des mosquées.
En sortant du cortège, j'ai été marqué par le message que portait une jeune fille dans la rue :
"Les terroristes ont détruit mon pays la Syrie, ne les laissez pas détruire la France"
Car, maintenant que cet extraordinaire mouvement a eu lieu, quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que nos responsables politiques / politicaillons de tout bord vont faire de ce grand, ce magnifique mouvement ? J'espère que ce qui s'est passé va  les hisser vers des hauteurs de vue qu'on n'avait aucun moyen de soupçonner pour l'instant chez eux (c'est mon côté naïf), mais je ne le pense pas (c'est mon côté réaliste). L'avenir nous le dira...

Je suis Charlie...

J'ai pas de mots, alors je mets des images, piquées aux dessinateurs du monde entier - je doute qu'ils m'en voudront :
dave brown David Pope sur l'attaque de Charlie Hebdo : He drew first
Dave Brown (à gauche), David Pope (à droite)
Hommage de Boulet, auteur de bande dessinée français, à Charlie Hebdo  Jean Julien
Boulet, Jean Julien
Hommage à Charlie Hebdo - Zep  banksy
Zep, Banksy
080115 Challenges Khalild Albaih dessin Charlie Hebdoalex
Khalid Albailh, Alex
Parce que j'ai la rage de rire ; parce qu'il faut pouvoir continuer de rire de tout le monde et n'importe qui ; parce que quelqu'un capable d'être moqué peut se remettre en question, et dès lors ne peut pas être complètement mauvais. Des gens qui ne l'ont pas compris nous ont enlevé des gens qui, eux, avaient le talent de nous faire rire pour nous ouvrir les yeux.

Edit (9/1/15) :
IMGP2209-1
Fabriqué à l'arrache hier soir avec les moyens du bord
Il y a eu sur France inter des interventions intéressantes d'auditrices, dans cette séquence, sur le fait qu'en France, la liberté de se moquer des religions quelles qu'elles soient, est un droit fondamental, et sur le fait que tout le monde n'a cependant pas toujours les codes pour comprendre des caricatures sur les religions.

Note : Comme je n'arrive pas à importer mon blog précédent, je colle dessous les commentaires émis sur ce billet.  

entdaurog

Oui, c’est aussi un de mes tout préférés ! Je l’avais vu et j’avais connement fermé la page et fait d’autres recherches après, il m’a fallu chercher un peu pour le retrouver !

 Kalys

Je suis méga fan du dessin d’Alex :)

Charlie forever

C'est pas ce que j'avais envie de publier, mais là, pas le choix :
Voir l'image sur Twitter
Cabu, Wolinski, Tignous, Charb, Maris, et les autres...ils vont nous manquer.
Edit : Bon, j'étais un peu trop sous le coup il y a 4h pour développer un poil plus. Et j'apprends en plus que Fabrice Nicolino compte aux rangs des blessés...Qui d'autre est tombé sous les balles ce midi ?
Il est bien trop tôt pour accuser qui que ce soit de cet attentat, mais l'attaque contre ce média couillu, incisif, parfois bourrin, mais dans tous les cas un des piliers du paysage journalistique français, vise sans nul doute la démocratie et la liberté de penser. Charlie avait publié les caricatures de Mahomet non spécialement contre l'islam - je pense qu'ils estimaient qu'au même titre que toute autre religion, l'islam devait pouvoir être moqué si besoin -, mais contre ceux qui en font un instrument de pouvoir, d'étroitesse d'esprit, ou des deux : "C'est dur d'être aimé par des cons".
Je suis encore un peu trop frappé pour aller plus loin, mais la meilleure façon de rendre hommage à ces géants, c'est pour moi de cultiver ma liberté de penser et le pouvoir de rire - des cons, notamment.
Et, même s'il est peu de chance que quiconque de directement touché lise ce billet : solidarité envers les victimes et leurs familles.

 Note : Comme je n'arrive pas à importer mon blog précédent, je colle dessous les commentaires émis sur ce billet. 

entdaurog
C’est vraiment terrible, un côté de ma tête me dit qu’il y aurait tant à dire ! Et l’autre côté répond que ce serait insuffisant, et que la retenue est la seule réaction valable. Je ne sais pas si je dois écrire plus, ou pas. Mais je pense que ce billet est tout ce que je pourrai écrire, de toute façon, ce soir. Respect à tous ces mecs qui ont fait vivre une certaine presse, en tout cas.

 Kalys
Merci d’avoir réussi à mettre de mots sur ce qui vient de se passer.

Jackson Five (Armies) - Attention spoiler !!!

Ayant eu une opinion mitigée de l'adaptation du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson, mais reconnaissant toutefois qu'ils constituaient un bon divertissement plus ou moins fidèle aux livres, j'ai voulu regarder l'adaptation du Hobbit.
A l'issue de cette épreuve, voici ce que je retiens :
- il n'aura échappé à personne ayant lu le Hobbit que les films ne sont pas fidèles à la lettre du livre. A la limite, ce n'était pas toujours très grave : une adaptation, il faut bien que ça s'adapte (hé) aux contraintes du cinéma, tout ça. Mais là, c'est quand même gros, ça entraîne de menus problèmes de cohérence globale. Donc, Hobbit #3 : Galadriel, Saroumane, Elrond et les autres se bastonnent avec les Nazguls et Sauron, il faudrait donc être le dernier des imbéciles pour ne pas se rendre compte que Sauron est de retour. Voyez comme Galadriel est intelligente et lucide : elle le dit, même. Seigneur des Anneaux #1 : oh, tiens, on découvre que Sauron revient, les Nazguls sont des choses inconnues qui sont terribles parce qu'ils font très très peur. Y a-t-il un souci quelque part ? PJ s'est tellement assis sur le texte qu'il crée des paradoxes entre les deux trilogies qu'il a tournées. Soit il se moque des bouquins qui ne seraient donc pour lui qu'une source d'inspiration pour créer un objet commercial (oooh, voyons), soit il prend le spectateur pour des gogos (boooarf, ils feront pas gaffe à ça...c'est trop discret !). Et ce n'est qu'un exemple.
- il n'aura pas non plus échappé au lecteur attentif que les films ne sont pas fidèles à l'esprit du livre. Et ça, c'est nettement plus ennuyeux. PJ a fait de ses films une saga héroïque et guerrière qui est aux antipodes absolues de ce qu'est le livre. Du coup, il  a renforcé les évènements originaux (un cambriolage rempli de péripéties, mais peu de combat, Bilbo étant même assommé avant le début de la bataille des Cinq Armées) artificiellement avec des moments guerriers à tire-larigot, plus une amourette naze incluant un triangle shakespearien fake, de jolies lumières féériques et de tragédie à l'eau de rose. Ça lui permet de gonfler artificiellement l'ensemble pour faire trois films longuets mais lucratifs à la place d'un seul opus dense, fidèle, mais qui ne rapporte qu'une fois. C'est vrai qu'il ne doit pas être assez riche comme ça.
 
Comparez les 474 minutes de film (version courte !) au bouquin...
Et je ne parle pas du fait que les personnages n'ont pas grand'chose à voir avec ceux des protagonistes du livre, ça ferait trop geek fan de Tolkien ; et pourtant il y aurait à dire sur le caractère de Thranduil (l'elfe aux sourcils les plus droits du monde), la présence de Legolas (un personnage placé pour cause de contrat esthétique ? ), de Tauriel, etc.
- les mécanismes de la trilogie sont nazes et donc les films sont mauvais. Pour prendre quelques exemples dans l'opus 3 (je n'ai nulle envie de m'infliger la torture de re-regarder les autres), qui peut croire un instant que des bonshommes qui se trouvent à la Montagne puissent se rendre dans un délai de quelques heures aux frontières d'Angmar, sachant que la distance entre les deux points est de plusieurs dizaines/centaines de kilomètres, aller-retour ? Comment peut-on envisager que, si Radagast intervient dans la bataille finale, il ne fait pas bénéficier aux troufions qui défunctent au combat de l'inestimable appui de son escadre aérienne ? Pour un compte-rendu plus complet des illogismes de ce film, vous pouvez rendre sur le blog d'odieux connard. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit, mais bon, il est très fort pour repérer les incohérences - et il a plus d'humour que moi.
Si on prend quelques exemples dans les autres films (de mémoire), l'arrivée du groupe de nains à Fondcombe se fait pour le moins soudainement et facilement : poursuivis par des orques, il se planquent dans une crevasse au pif et pouf ! Fondcombe est là, accueillante et vachement bien dissimulée ! Il faut croire qu'aucune personne malentionnée n'a eu l'idée d'aller chercher de manière approfondie dans le coin, hein...
Il y a dans le livre une raison pour laquelle les aigles n'emmènent pas directement le groupe dans des régions peuplées d'hommes : ils se feraient tirer dessus, ce qu'ils expliquent à Gandalf. Ce n'est pas expliqué dans les films et donc on ne comprend pas pourquoi ce n'est pas fait, ce qui paraît un peu con, quand même.
Et puis les divers ajouts faits par PJ aux histoires ajoutent des longueurs qui cassent le rythme des films...l'épisode 2 est sans doute un des films que j'ai trouvé parmi les plus pénibles à regarder à ce niveau.
Et caetera, et caetera.
- certaines scènes sont tellement tirées par les cheveux que je m'en serais presque arraché les miens. Je veux bien que Legolas soit un elfe, des bois qui plus est, fils de roi en plus, ce qui semble lui conférer des pouvoirs à part (puisque aucun de ses congénères ne fait montre de la moitié du quart de ses talents), mais quand même, courir sur des blocs de pierre qui tombent ?

Le malheur de tout ça, c'est que maintenant, une grande partie de ceux qui vont lire le Hobbit risquent fort de trouver cela fort peu divertissant, puisque l'idée qu'ils se feront du récit sera basée sur des films à la fois mal ficelés et pas fidèles, mais spectaculaires - ce qui est à peu près le seul mérite de ces films : il y a des images qui bougent avec des couleurs et de la musique héroïque, youhou, content !
Donc, chanterai-je avec les Jackson Five, Peter, I want you back ?
Ben non.

Note : Comme je n'arrive pas à importer mon blog précédent, je colle dessous les commentaires émis sur ce billet.  


entdaurog
Au fait, tu sais qu’il existe une radio dragon ?
http://radiodragon.org/


entdaurog
Hé hé, oui, mais j’aime me faire du mal – enfin, jusqu’à un certain point, je vais pas non plus réécrire de billet sur ces bouz… (pardon Kalys) films.
Sinon, j’ai bien ri avec ton lien !


entdaurog
Oui, Radagast n’a franchement rien à foutre ici, et en plus il est ridicule (pfff…les lapins de Rhosgobel). Mais c’est vrai, les scènes avec le dragon sont les meilleures – et de loin ! – du 2 !


Gradlon
(Note: il te manque la case Site Web)
Tsss, tu te fais du mal, cher frère.
Ça m’a fait rire:
https://www.youtube.com/watch?v=1yqVD0swvWU
Mais ça ne respecte pas non plus le matériel original.


Kalys
En fait, dans le 1, je ne me suis jamais remise du magicien dans la forêt avec ses animaux dans ses cheveux dégueulasses, même chez Disney j’ai jamais vu un personnage aussi bête :)
Pinaise, je me souvenais même pas avoir vu Bloom dans le 2 ! Mais dans le 2, y’a un GRAAAGOON ! C’est cool !!!


entdaurog
Oups, c’est vrai, pardon, j’ai oublié d’avertir ! Je corrige.
Alors bon, je suis prêt à écouter toutes les opinions du monde, mais le 2 moins neuneu que le 1 ? Le 2, avec la naissance de l’idylle Tauriel – Kili qui chagrine si fortement Orlando Bloom qu’il aurait le visage chiffonné s’il n’était pas si lifté ?


Kalys
Dis, ton message, il spoile grave non ? Tu sais que je ne l’ai pas encore vu, le 3 ?!
Bon, de toute manière, j’ai jamais réussi à lire le bouquin, pas plus que LSDA et ce, bien avant la sortie des films :)
J’avais bien aimé le Hobbit 2 en tout cas, vachement moins neuneu que le 1. Mais alors le coup des aigles, je plussoie, ça m’avait paru trop bête.